Conférence de presse de Nicolás Maduro, du 8 février 2019

Traduction et notes Daniel Vives Simorra

À partir de la transcription de la video disponible en Youtube : lhttps://www.youtube.com/watch?v=9gQM04HkSQI

Original disponible également sur ce site : https://communismeinfos.org

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Nicolás Maduro. – Bonjour. Il est midi. Bienvenue aux journalistes du monde entier et du Venezuela, aux cameramen, aux photographes, aux techniciens et à tous les professionnels de la communication.

Aujourd’hui, nous sommes le vendredi 8 février. Nous chevauchons déjà le mois de février, le second mois. Si nous n’y prenons pas garde, nous pourrions être sur le point de nous retrouver au 24 décembre [rires dans la salle]. Bienvenue à Delcy Rodríguez, vice-présidente du gouvernement et combattante de la première ligne (1).

En ce mois de février, nous nous consacrons à développer tout ce qui touche à la défense de la démocratie vénézuélienne. C’est un grand jour pour cette démocratie, pour la défense de la souveraineté nationale et du droit à la paix. Trois éléments clés qui sont inséparables : la démocratie et la liberté du peuple, la souveraineté et l’intégrité territoriale, le droit à la paix. Trois éléments qui font l’objet de harcèlements et d’agressions permanentes. On tente d’imposer une “démocratie” qui reposerait sur des formules qui passent outre à la Constitution et qui n’y figurent pas.

Un double gouvernement parallèle, fantasmagorique, qui ne s’appuie sur aucun texte ni sur aucun mandat de la Constitution, essaie de violer la souveraineté nationale grâce à un show, baptisé “opération humanitaire”. La paix est menacée par le gouvernement de M. Donald Trump, qui a ratifié dimanche dernier dans une interview télévisée sa menace d’invasion militaire contre le Venezuela (2).

La défense de la démocratie, de la Constitution, de la souveraineté nationale, le droit à la paix et à des voies pacifiques, sont des questions centrales qui sont ici en plein développement.

Le mercredi 6 février s’est tenue à Montevideo une importante rencontre latino-américaine et caribéenne qui a pris une initiative diplomatique en faveur du dialogue et de la paix au Venezuela. Les gouvernements du Mexique, de l’Uruguay, de la Bolivie et les 14 gouvernements du CARICOM des Caraïbes (3) ont signé un document intitulé “Mécanisme de Montevideo” qui, de manière respectueuse, ouvre le chemin vers un dialogue entre Vénézuéliens, avec l’aide et le soutien de nos frères d’Amérique Latine et des Caraïbes, dans le cadre des principes du droit international et des principes qui nous unissent en tant que région.

J’ai salué cette initiative et j’ai réitéré que nous sommes immédiatement disposés à accompagner toute action qui ira dans le sens de la diplomatie, du dialogue, de la compréhension, de la rencontre entre Vénézuéliens. Il nous semble très important qu’une fois de plus, l’Amérique Latine et les Caraïbes donnent naissance à un processus de paix, soucieux de la souveraineté nationale et de la volonté des Vénézuéliens de s’orienter vers le dialogue et vers la paix. Ce sont donc des initiatives très importantes.

Je pense qu’il y a eu une réaction générale dans le monde de répudiation et de rejet des menaces de Donald Trump. Elles sont inacceptables. Je ne peux pas m’étendre sur les rodomontades dont Donald Trump est coutumier. Mais il est très dangereux que le président de la puissance militaire la plus puissante et la plus agressive du monde puisse dire qu’il examine une option militaire contre le Venezuela. Nous, les Vénézuéliens, nous nous demandons : quel pourrait être le casus belli, quelle serait la cause qui justifierait cette guerre selon le droit international en vigueur depuis des décennies ? Quel est le prétexte ou le motif pour menacer un pays pacifique ? Y-a-t-il un motif pour le menacer de recourir à la force, en violation de la Charte des Nations Unies ?

Nous savons tous qu’il n’y en a pas. Il existe un droit international au-delà même des opinions qu’on peut avoir sur la Révolution Bolivarienne, sur le gouvernement révolutionnaire que je préside, au-delà du socialisme du XXIe siècle auquel nous travaillons et que nous sommes déterminés à créer et à construire. Au-dessus de tout cela, il y a une justice internationale qui, quel que soit l’angle sous lequel on l’aborde, met à nu l’intention de cette élite impériale qui domine la Maison-Blanche de s’emparer des ressources pétrolières et minières qui sont les plus grandes richesses du Venezuela.

Ils ont monté toute une opération durant ces dernières années pour harceler notre pays, pour l’acculer à se rendre. Mais je peux vous affirmer qu’ils ont échoué. Notre pays aujourd’hui est plus déterminé que jamais à se battre pour son indépendance, pour sa dignité, pour son droit historique à exister et à vivre en paix.

Hier a eu lieu un rassemblement populaire Place Bolivar, au centre de Caracas, pour commencer une collecte de signatures. En moins de 24 heures, 2 millions de Vénézuéliens ont déjà signé la lettre pour la paix que nous allons envoyer à la Maison Blanche et aux États-Unis. Le peuple vénézuélien prend des initiatives pour la paix et pour cette vérité que nous portons en nous. C’est à cela que répond cette conférence de presse.

Nous avons reçu des demandes d’entretiens. Dans la mesure de mes moyens, j’ai donné suite à toutes les demandes. Il y en a beaucoup de la part des stations de télévision, des radios, d’agences de presse du monde entier, en raison de l’immense intérêt qui s’est créé pour le Venezuela.

On a monté une crise contre le Venezuela et ce montage provient d’une offensive médiatique quotidienne, où les mensonges s’ajoutent aux mensonges; où nos arguments, où nos forces et notre pouvoir deviennent invisibles. L’intérêt de cette conférence de presse, c’est que nous, les invisibles, nous puissions être entendus. C’est au nom des invisibles que je parle aux peuples du monde. Je veux leur dire ce qu’est vraiment le Venezuela pour que la vérité à son sujet soit répercutée et ouvre des espaces de paix, de compréhension, de respect. Voilà ce que nous demandons au monde : respect, paix, compréhension, démocratie.

On ne peut pas imposer au monde la pensée unique de la Maison Blanche de Donald Trump. C’est une pensée qui utilise tout son pouvoir pour détruire un pays et un projet noble comme l’est le projet bolivarien. Il y a suffisamment de réserve morale, spirituelle et politique au Venezuela pour vous dire à vous, communicateurs sociaux du monde entier, que ce pays est debout et continuera à se tenir debout. J’espère que cette vérité aboutira à vos claviers d’ordinateurs, qu’elle sera retransmise pour faire face à une avalanche d’agressions, de mensonges et de manipulations afin d’ouvrir un espace illuminé comme s’il était frappé par un éclair fulminant. C’est notre foi et c’est pour elle que nous combattons chaque jour.

Je suis à votre service pour répondre aux questions que vous souhaitez poser. Bienvenue à vous toutes et à vous tous.

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Le cycle des questions commence avec Wafika Mehdi de la chaîne de télévision Al Mayadeen du Liban.

Wafika Mehdi –  » Bonjour, Monsieur le Président. Ma question comporte trois volets. Le premier porte sur la politique étrangère que vous avez élaboré en grande partie à l’époque du commandant Hugo Chávez et que le ministre des affaires étrangères [Jorge Arreaza] poursuit avec une grande sagesse. J’aimerais savoir si vous pensez qu’il a des points communs et des différences, et dans quelle mesure, entre le scénario qui est appliqué aujourd’hui contre le Venezuela et celui qui a été appliqué contre la Libye et la Syrie. Je fais référence à ce qui est arrivé dans notre région arabe. La deuxième partie [de ma question] est pour savoir si vous pensez que la politique étrangère du Venezuela doit s’efforcer d’appeler les pays européens à raisonner un peu plus et à reconsidérer la position injuste et même erronée qu’ils ont adoptée à l’égard du Venezuela. Ma troisième question concerne votre position sur la résolution issue de la réunion de Montevideo d’hier. Je vous remercie.

Nicolás Maduro – Un grand merci à l’agence libanaise.

Premièrement, il existe des points communs entre la politique qui a conduit à la ruine et au démembrement de la Libye, à l’agression et à la destruction de la Syrie, et la politique qui a été élaborée, puis appliquée pour attaquer le Venezuela.

On prétend détruire des pays indépendants qui disposent de grandes ressources naturelles. On cherche à introduire des sources de perturbations, un chaos interne pour démembrer l’État, par le biais d’une cinquième colonne d’opposants formés pour devenir les agents de gouvernements étrangers – en particulier du gouvernement américain.

Au Venezuela, ils ne sont pas arrivés jusqu’au point qu’ils ont atteint en Libye ou en Syrie. Ils ont tout de même tenté de créer une opposition armée, mais nous ne l’avons pas toléré. Le Venezuela est en paix, comme vous pouvez le voir et le vivre chaque jour. Nous n’allons autoriser cela sous aucun prétexte, même s’ils ont pu former des groupes terroristes, des groupuscules putschistes pendant toute une longue période.

Nous avons récemment capturé le chef d’un groupe terroriste qui préparait un coup d’État. Il était financé par le gouvernement de la Colombie qui a essayé de généraliser la violence au Venezuela. García Palomo , colonel à la retraite, ayant repris du service comme mercenaire pour le gouvernement colombien, a été capturé. Il a révélé et expliqué tous ses plans. Il a indiqué les groupes qui servaient ses activités. Au Palais de Miraflores nous avions aussi des gens qui agissaient comme des taupes. Pendant 6 ans nous avions une taupe : le chef des communications du palais de Miraflores [Ovidio Carrasco Mosqueda] qui avait accès à tout. Absolument à tout ! C’est lui qui était derrière les attaques des drones alors qu’il devait m’en protéger. C’est lui qui était impliqué dans cette attaque par un groupe local, entretenu et financé par la Colombie (4).

Ces terroristes ont essayé d’organiser des groupes en vue d’un coup d’État. Heureusement, les anticorps nationaux ont pu se défendre, grâce à l’intelligence populaire, grâce à l’intelligence stratégique, grâce au pouvoir de la Force Armée Nationale Bolivarienne. Je crois en Dieu et à sa protection, sinon je n’aurais pas survécu à cette taupe qui était près de moi, à mes côtés.

Il y a donc des similitudes mais aussi des différences. Nous avons réussi à sauvegarder la paix, l’intégrité et la souveraineté nationale du pays. Nous avons réussi à maintenir l’union entre civils et militaires. Nous avons renforcé une puissante Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB). Nous avons maintenu le pouvoir de l’État. Dans l’ensemble, l’État vénézuélien, dans chacun de ses pouvoirs, fonctionne, pleinement, totalement et de manière souveraine. La pouvoir judiciaire et le pouvoir électoral fonctionnent à 100%. Le bureau du procureur général, le bureau du contrôleur général et celui du médiateur forment un pouvoir moral des citoyens du Venezuela qui fonctionne à 100%. Le pouvoir exécutif fonctionne à 100%. Ici, celui qui gouverne le Venezuela c’est le président élu par le peuple, Nicolás Maduro.

Il n’y a des troubles que dans un seul pouvoir : le pouvoir législatif, et cela va être résolu par des élections. Il y a donc des similitudes et des différences. Car ce pays est un pays en paix, où chacun est intégré. C’est un pays souverain, démocratique avec un État et une société qui sont au travail et qui font face aux problèmes que nous connaissons, comme il en existe dans toute société normale.

En ce qui concerne la seconde question, nous disons à l’Union européenne (UE) et à Federica Mogherini : vous refusez d’écouter la vérité de ce qui se passe au Venezuela. Vous êtes sourd à la vérité d’une révolution fidèle à un héritage démocratique depuis 20 ans. Vous vous en tenez au scénario écrit par de l’extrême droite et vous vous êtes laissés conduire sur des positions extrémistes de droite. Madame Federica Mogherini : l’Union européenne est condamnée à l’échec si elle continue à écouter, à soutenir et à obéir à l’extrême droite vénézuélienne.

Comme le disait John Lennon dans sa chanson : « La seule chose que nous demandons c’est de laisser une chance à la paix » (5). Depuis le Venezuela et avec John Lennon nous demandons seulement à l’Union Européenne de donner ses chances à la paix, au dialogue. Nous voulons qu’ils nous écoutent. Nous voulons nous faire entendre par l’Union Européenne. Telle est notre politique étrangère à son égard : qu’ils écoutent la vérité sur le Venezuela et qu’ils abandonnent leurs positions idéologiques. Ils ont idéologisé les relations internationales et il sont allés vers l’extrême droite. Ils ne peuvent pas comprendre ce qui se passe ici. J’espère qu’il y aura un rayon de lumière pour qu’un jour ils entendent vraiment la voix du Venezuela et qu’ils ne se laissent pas emporter sur les positions du lobby extrémiste qui est arrivé à Bruxelles. Insha’Allah !

En ce qui concerne la troisième question, il y a eu deux résolutions à Montevideo.

Nous souscrivons pleinement aux mesures du “Mécanisme de Montevideo” [Uruguay, CARICOM et Mexique] du 6 février 2019 qui a défini un processus diplomatique de dialogue basé sur le respect et qui comporte quatre phases importantes. Portant une attention particulière aux questions politiques, institutionnelles et démocratiques, ces pays ont défini avec beaucoup de précision quatre phases que notre peuple doit connaître.

Tout d’abord, un dialogue immédiat. Nous sommes prêts à dialoguer où, quand et avec qui que ce soit. Bien sûr ! Que cela passe directement par moi ou par des envoyés spéciaux.

La deuxième étape, c’est la négociation. Nous sommes prêts à négocier. Faire de la politique c’est négocier : « tu proposes et je propose, et nous parlons et nous avançons ; je suis d’accord ou je ne suis pas d’accord sur ce point ; on va voir si on peut encore avancer…»

La Troisième phase ces sont les engagements, les accords qu’il faut bâtir et signer. Je suis prêt à signer des accords de paix au Venezuela. Certainement ! Je suis prêt. J’ai toujours été prêt.

Quatrièmement, il faut mettre en œuvre les processus sur lesquels on s’est engagé, comme cela se fait dans tous les accords. Le Venezuela souscrit pleinement au Mécanisme de Montevideo et y adhère.

Mais hier, jeudi 7 février, un autre document a également été présenté à Montevideo par le Groupe de Contact de l’Union européenne. Or, nous ne sommes pas d’accord avec le contenu de ce texte. Nous rejetons la partialité et l’idéologisation du Groupe de Contact (6).

Pourtant, je suis prêt à recevoir tout envoyé du Groupe de Contact – c’est un groupe de contact, comme son nom le dit… Je suis donc disposé à m’entretenir avec lui, qu’il s’agisse d’un contact visuel, physique ou d’un échange d’idées, afin de parler, de reparler et de parler encore. J’espère qu’ils vont nous écouter. Puisse le Groupe de Contact servir à écouter le Venezuela pendant ces 90 jours qu’il s’est donné ! Bienvenue au Groupe de contact de l’Union européenne, quoique je ne sois absolument pas d’accord, je vous le dis tout de suite, avec votre vision extrémiste du Venezuela, ni avec le parti pris et l’idéologisation dans lesquels vous êtes tombés.

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Question de Javier Lafuente du journal espagnol El País

Javier Lafuente. – Bonsoir. Je voulais vous poser plusieurs questions. Au sujet des tentatives de dialogue, vous dites que vous êtes prêt à vous asseoir et à parler de tout. Ces tentatives incluent-elles la possibilité de parvenir à un accord pour une élection présidentielle ou les rejetez-vous carrément ? En ce qui concerne l’aide humanitaire, je voudrais vous demander si vous écartez sous toutes ses formes, telle que celle qui est collectée à la frontière avec la Colombie. Enfin, je voulais aussi avoir votre avis sur le goutte-à-goutte de désertions de militaires, de fonctionnaires que l’on observe actuellement. Cela vous préoccupe-t’il. Enfin quelle est votre opinión à propos de la réunion de cette semaine entre Juan Guaidó et un ex-ministre d’Hugo Chávez [Héctor Navarro, ex-ministre de l’Éducation].

Nicolás Maduro – Le dialogue doit se faire sur un programme d’ouverture. Il ne peut pas servir pour nous imposer des conditions. Il faut qu’il respecte et fasse respecter notre constitution. C’est très important. Le dialogue doit ouvrir toute grandes ses portes car le Venezuela doit connaître ce qu’est ce dialogue. Il doit y participer, en être partie prenante. Ce devra être un véritable dialogue national, pas un dialogue des hautes sphères : la haute sphère numéro un, la haute sphère numéro deux, le groupe un, le groupe deux. Un tel dialogue ne serait pas celui de tout ce pays qui appartient à tous le vénézuéliens et à toutes les vénézuéliennes… C’est pourquoi nous pensons à un dialogue sous forme de consultations au travers des réseaux sociaux, d’assemblées ouvertes et unitaires, à un grand dialogue social, politique, culturel, humain qui soit un modèle pour le monde de cette démocratie vénézuélienne qui respecte la constitution.

J’irai dialoguer pour faire respecter la constitution. Nous dialoguerons pour la défendre et rechercher des priorités. Mais quelles sont les priorités pour l’homme et la femme ordinaires au Venezuela ? Faire des élections ? Je ne le crois pas. J’en suis convaincu. La priorité pour les femmes et les hommes de ce pays c’est la reprise de l’économie, sa stabilisation, sa croissance, la production de richesse avant toute autre chose.

La deuxième grande priorité c’est la paix dans un pays souverain, égalitaire et libre. La troisième c’est la stabilité institutionnelle et politique. En ce sens, le seul organe dont la légitimité n’a pas été renouvelée électoralement, c’est l’Assemblée Nationale. J’ai proposé la tenue d’élections législatives anticipées et je le confirme. Je veux voir les gens voter et choisir une nouvelle Assemblée Nationale pour stabiliser et aider le pays, pour sortir du marécage où l’opposition l’a mis. Ces personnes de l’opposition ont livré le pouvoir législatif du pays à des intérêts étrangers, à l’empire américain. Je veux voir le peuple choisir souverainement une nouvelle Assemblée Nationale.

Ce sont des positions fermes. C’est pourquoi je dis à ceux qui nous écoutent que la vérité fait partie de nous. Comme cette table, nous sommes faits d’un bois ancestral, sinon nous ne serions pas ici. Nous ne sommes pas ici par la force seule. Nous sommes ici par un acte constitutionnel légitime, par la volonté du peuple et pourtant une campagne mondiale refuse de nous reconnaître.

J’affirme même que cette opposition ne veut pas d’élections. Si nous disions « nous allons aux élections dans trente jours », ils inventeraient mille choses pour ne pas y aller, comme ils l’ont fait en 2018.

Tout au long de 2017, l’opposition a demandé des élections présidentielles anticipées. En décembre 2017, lorsque nous participions aux négociations qui se tenaient en République dominicaine, nous avons dit : d’accord pour des élections présidentielles anticipées. Nous avons parlé, nous avons négocié, nous avons conclu un accord parfait qui donnait des garanties électorales. Nous avons fixé la date du 22 avril, date avancée à la demande de l’opposition. Mais lorsque nous allions signer, à la dernière minute, ils se sont retirés, ils sont partis. Ils ont refusé de signer à la suite d’un appel téléphonique de Juan Manuel Santos à Julio Borges (7) qui était le leader de l’opposition à la table de dialogue. Ils ont abandonné la réunion.

Ils ont tenu ensuite des conversations privées pour demander une autre date. Nous nous nous sommes mis d’accord pour le 20 mai 2018, quatre semaines de plus. Mais quand nous allions signer ce nouvel accord, l’opposition n’est pas venue et seuls quelques opposants comme Henri Falcón et Javier Bertucci ont signé.

Les élections du 20 mai se sont déroulées dans le cadre d’un accord qui comportait les garanties qui avaient été négociées en République dominicaine et qui avaient été encore renforcées à Caracas. Mais ici, leur but c’est est d’assaillir le pouvoir, de s’y imposer en faisant un coup d’état avec l’aide de la force gringa pour saisir de nos richesses. C’est la vérité. Si le Venezuela produisait des pommes de terre ou des bananes, nous ne serions pas au centre de l’ouragan impérialiste.

Nous devons tenir compte qu’il y a un empire. L’empire américain existe et il a les yeux fixés sur la richesse de notre peuple. Il pense que l’Amérique Latine est son arrière-cour. C’est comme cela qu’ils nous voient, avec mépris, avec dédain. Ils veulent nos richesses. Eux et l’opposition ont manigancé toute cette manœuvre, cette pression, cette agression avec un seul objectif : s’emparer du Venezuela. Ils ne désirent aucune élection. Ce qu’ils veulent, c’est un coup d’État, c’est nous détruire dans le style de Pinochet.

Parfois, nous disons ces choses dures et sans fioritures. En Europe et dans certains endroits, on considère cela comme des exagérations extrémistes. Mais ce n’est pas exagéré.

Parmi ce que l’Assemblée nationale a approuvé, au mépris de la loi, il y a une chose appelée le « statut de transition ». J’aimerais vraiment que vous, les communicateurs sociaux, vous qui nous écoutez travers les réseaux sociaux, vous le lisiez. J’’aimerais que Jorge Rodriguez [ministre de la Communication et de l’Information] distribue ce soi-disant statut de transition.

Si l’Assemblée Constituante Nationale approuvait quelque chose de similaire, tous les médias du monde diraient : « c’est un coup d’Etat de Maduro ! ». Or ce statut, tel qu’il est, est approuvé par l’extrême droite dans une assemblée en desacato, en situation d’outrage (8) n’a aucune validité dans le pays, bien qu’ils l’aient approuvé en interne. Il est impressionnant de voir comment l’opposition remplace la Constitution de la République ou cherche à l’abroger par une loi de transition. C’est incroyable de voir comment elle passe outre à l’article 233 qu’elle invoque. Or cet article la contraint à convoquer des élections présidentielles dans les 30 jours. C’est une stricte obligation. Vous pouvez lire cet article. Je suis sûr que vous avez déjà lu plusieurs fois le 233 (9).

Si leur bouffonnerie consistant à assumer une présidence intérimaire était valable, ils auraient déjà dû déclencher des élections, comme je l’ai fait en tant que président en exercice en 2013. J’étais président en charge en 2013 et la première chose que j’ai faite a été de déclencher des élections ; c’était mon obligation constitutionnelle. Mais l’opposition refuse. Elle dit qu’elle va se donner douze mois au cas où ce statut absolument inconstitutionnel trouverait une issue. Ils vont se donner au moins douze mois pour voir s’ils convoquent à des élections !

Je vous invite à faire un travail de recherche et de diffusion sur les objectifs du coup d’Etat visé par ce statut de transition et sur la manière dont l’opposition voie la démocratie, comment ils voient le pays ; C’est simple et très important.

Deuxièmement, en ce qui concerne le show de l’aide humanitaire, ils ont fait un numéro à grand spectacle pour justifier une intervention dans le pays. C’est aussi un show au rabais pour humilier les Vénézuéliens. L’opposition et les États-Unis nous bloquent près de 10 milliards de dollars dans le monde, ils volent notre or, ils séquestrent de notre pétrole dans le monde. Ensuite ils viennent et ils sortent de leur poches 20 millions de dollars pour nous dire comme à des mendiants : « tendez vos mains et demandez pardon. Voilà : on vous donne quelques miettes ». Le Venezuela n’autorisera pas le show d’une fausse aide humanitaire car nous ne sommes pas des mendiants. C’est simple.

Nous avons une capacité de travail, de production suffisante pour satisfaire les besoins de 6 millions de ménages chaque mois, de manière permanente, comme nulle part ailleurs dans le monde. Nous avons la capacité de donner une éducation à nos enfants, d’apporter la santé à notre population, d’offrir des logements à notre peuple. Nous sommes capables de fournir des emplois et une sécurité sociale aux travailleurs vénézuéliens. Soyez-en sûrs, nous en sommes capables. Il y a des problèmes au Venezuela ? Eh bien, nous nous en occupons ! Mais le Venezuela ne connaît pas cette crise humanitaire fabriquée depuis Washington depuis quatre ans pour intervenir dans notre pays. Le show de l’aide humanitaire vient renforcer les plans de cette l’intervention. Nous nous dressons pour dénoncer le spectacle qui a été mis en scène. C’est simple : au Venezuela, il n’y a pas de mendiants. Nous ne serons les mendiants de personne.

Si vous voulez aider le Venezuela, libérez l’argent que vous nous bloquez et dont vous vous êtes emparé. Un argent qui est le nôtre et qui appartient au pays. Votre jeu est macabre, vraiment macabre. « Nous vous volons votre argent et ensuite nous vous offrons du papier-toilette », comme l’a fait Donald Trump pour les Portoricains, Du papier-toilette ! Voilà ce que Trump a apporté au peuple de Porto Rico avant de l’abandonner (10).

Toute cette aide humanitaire, qu’ils la donnent aux habitants de Cúcuta qui en ont bien besoin, dans le Nord de Santander, dans les camps de réfugiés où les Colombiens fuient la guerre qui s’est intensifiée. Qu’ils amènent de la nourriture aux habitants de Cúcuta, dont 40% sont sans emploi, avec 70% de pauvreté et 30% de pauvreté extrême et qu’ils arrêtent leur show. Pourquoi n’aident-ils pas le peuple de Cúcuta en Colombie pour lui donner un emploi, une éducation gratuite, un système sanitaire et un revenu décent ? (11) Nous faisons face à ce show avec notre vérité. Quoi qu’ils disent, nous allons nous défendre notre vérité et finalement c’est la vérité du Venezuela qui l’emportera sur tout le reste.

Pour ce qui est de la troisième question à propos du “goutte-à-goutte”, mon mot d’ordre c’est que s’en aillent tous ceux qui le voudront ! Nous sommes libres. Qui que ce soit, il peut s’en aller. Celui qui veut partir, parce qu’il ne porte pas sa patrie dans son chœur, eh bien qu’il parte !

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Question du correspondant de Vladimir Kostylev de l’Agence russe Tass

« Que ferait votre gouvernement s’ils essayaient [les USA et l’opposition] d’apporter une aide humanitaire au pays sans votre permission, M. le Président ? »

Nicolás Maduro. – Nous ferions ce que nous avons fait jusqu’à présent : une action légale. Tout ce qui sera légal. Le Venezuela importe en permanence, par ses frontières terrestres et maritimes, une grande quantité de produits de toutes sortes, de biens servant à la production, de matières premières. Une bonne partie des produits du marché que nous apportons aux six millions de ménages, nous les importons également de l’étranger. Cela signifie des investissements annuels de dix à douze milliards de dollars, directement pour les médicaments, la nourriture, les intrants, les matières premières et nous allons continuer à le faire. Nous ne permettrons pas que notre souveraineté soit violée. C’est aussi simple que cela. Nous agirons légalement et correctement.

Question de Kerry Sanders de la chaîne de télévision nord-américaine NBC

« Au Venezuela, il y a une révolution socialiste depuis vingt ans. Pourquoi pensez-vous que M. Trump veuille prendre ces mesures contre votre pays au moment où le pétrole est si bon marché ? » Autre question : Monsieur le Président, pourquoi ne laissez-vous pas ce cadeau, sous forme de médicaments et de nourriture, parvenir jusqu’à la population du Venezuela qui en a besoin ? Je veux dire : votre pays n’a-t-il pas besoin de ce cadeau ?

Nicolás Maduro – Dans votre question, qu’y a-t-il à voir au-delà de caricatures que l’on cherche à dessiner : la caricature d’un pays en crise humanitaire, la caricature d’une dictature, la caricature des États-Unis qui ouvrent leurs mains pour aider un peuple dans le besoin ? Tel est le script, tel est le scénario,

Or la réalité, c’est un pays qui travaille, qui lutte, qui s’occupe des besoins du Venezuela. La réalité, c’est un gouvernement dont la légitimité est issue du vote populaire ; c‘est une démocratie forte, solide, constitutionnelle. La réalité c’est qu’il ne s’agit nullement d’une aide mais d’un message pour humilier un peuple. En effet, s’ils voulaient nous aider, ils devraient annuler toutes leurs sanctions économiques, leur persécution financière, leur blocus qui sert à nous voler dix milliards de dollars. Si on parlait seulement en termes de commerce, de chiffres, il faudrait comparer ce chiffre aux 20 millions de dollars de l’“aide humanitaire”. Avec dix milliards de dollars, soyez certains que nous pouvons répondre à tous les besoins du Venezuela, sans être les mendiants de personne.

Le développement d’un pays ne se fait pas avec des miettes et en demandant la charité. C’est une vérité que nous proclamons parce que nous sommes un peuple digne. Nous le disons tout en nageant contre le courant. Les médias du monde occidental veulent imposer l’idée que Maduro refuse l’aide, le cadeau, l’offrande…. Mais c’est un cadeau pourri dans un paquet fait pour tromper. L’emballage est bien joli, vu de l’extérieur, mais à l’intérieur il transporte le poison de l’humiliation. On tente de cacher le plus grand crime que l’on puisse commettre : voler les ressources d’un pays au moyen d’un blocus et de sanctions comme celles que prend le gouvernement des États-Unis contre le Venezuela. Qu’ils cessent leur blocus, leurs persécutions financières, leurs sanctions ! Qu’ils laissent le Venezuela vivre tranquillement et paisiblement.

Ils ne nous font aucun cadeau. Ils nous volent, ils nous dépouillent de nos richesses.

Quant à l’autre question qui a été posée, je réponds que peu importe le prix du pétrole. Le pétrole c’est le pétrole de même que l’or c’est de l’or. C’est la grande source d’énergie mondiale, sinon les États-Unis n’auraient pas fait la guerre d’Irak.

Cette guerre, l’ont-ils fait pour aider le peuple irakien ? Est-ce que celui-ci vit mieux ? Un million de morts, tel a été le produit de cette guerre… Qui paie pour cela ? Les États-Unis ont pleinement participé à la guerre pour détruire la Libye. Y a-t-il plus de sécurité en Libye ? Plus de sécurité en Afrique ? La Libye est-elle plus stable ? Est-ce qu’ils ont sauvé le peuple libyen ? Non ! Ils ont détruit la Libye, ils ont détruit la Syrie.

Et l’Afghanistan ? Comment se porte l’Afghanistan après vingt ans d’intervention nord-américaine ? Un autre cadeau ? Combien de cadeaux ont-ils envoyés sous forme de bombes aux peuples d’Afghanistan, d’Irak, de Syrie, de Libye ? Combien de petits cadeaux transformés en bombes. Est-ce cela l’aide humanitaire ?

Ces guerres, ce sont le vrai visage d’un empire qui doit disparaître de la face de la terre. L’empire nord-américain doit mourir pour que surgisse une grande nation aux États-Unis, avec sa culture, son grand peuple. Nous admirons et nous aimons le peuple nord-américain. Nous croyons que des profondeurs de l’histoire de ce peuple surgira un jour une grande nation qui respectera le monde

La bataille que nous livrons pour le Venezuela est une bataille pour le destin futur de l’humanité en ce nouveau siècle. Nous allons la livrer et nous serons victorieux. Peu importe ce que coûte le pétole. Il nous appartient et personne ne s’en emparera, ni Donald Trump ni même si mille Donald Trump surgissaient.

Question d’Ana Herrero, du New York Times

Ana Herrero – Bonjour. Ce sont plusieurs questions en réalité. La première est au sujet de Juan Guaidó qui aurait accès, à ce qu’on dit, à des comptes liés au fonds de l’État vénézuélien qui se trouvent aux États-Unis. J’aimerais savoir si vous avez accès à ces fonds.

Ensuite, en ce qui concerne la richesse que vous avez évoquée, nous souhaiterions être davantage éclairé, par exemple, pour les mines d’or. Nous aimerions savoir où va l’or qui sort de ces mines ? Avez des chiffres de production actualisés ? Prévoyez plus de transparence sur la question des contrats avec les mineurs. C’est l’une des grandes critiques qui ont été adressées à votre gouvernement.

Une autre question concerne les sanctions pétrolières que vous avez également commentées : avez-vous un plan B ? Comment allez-vous remédier aux sanctions pétrolières ? Avez-vous un plan B, par exemple, pour la restructuration de PDVSA [Petróleos de Venezuela, S.A.] (12) ? Ce sujet est-il à l’ordre du jour et avez-vous envisagé de nommer une nouvelle direction ? Comment le dossier pétrolier va-t-il évoluer ?

Enfin, le secrétaire d’État Mike Pompeo a déclaré avoir des preuves qu’il y avait des cellules actives du Hezbollah au Venezuela. Ce n’est pas la première accusation à cet égard. Il y en a eu plusieurs non seulement à propos du Hezbollah, mais aussi des FARC. J’aimerais savoir si vous êtes au courant de cela et si vous pouvez nous donner des informations et si vous êtes effectivement informé des activités du Hezbollah dans votre pays.

Par ailleurs, nous voudrions vous proposer une interview. On l’a déjà fait, on a essayé de communiquer à cet effet. Notre journal est tout à fait disponible pour avoir un entretien avec vous.

Nicolás Maduro – Eh bien, publiez tout ce que je dis. Je dis beaucoup de choses qui ne sont pas rapportées par les moyens de communication mondiaux. Ceci dit, je suis d’accord pour continuer à accorder toutes les interviews dans la mesure du possible et même au-delà.

J’en viens à ce qu ’affirme Mike Pompeo.

Pompeo est le fer de lance de l’agression contre le Venezuela. Depuis qu’il a dirigé la CIA, il n’a cessé de travailler pour intervenir au Venezuela, pour nuire à notre pays. En tant que secrétaire d’état, il passe son temps à tramer des machinations pour faire du mal à notre pays. Cette diplomatie impériale, interventionniste dans le monde entier doit cesser. Personne ne peut s’imaginer qu’il est le policier et le maître du monde et qu’il peut convoquer les gouvernements des pays pour leur donner des ordres.

Simplement, Pompeo ressort un vieil argument de la campagne médiatique contre le Venezuela. Vous savez que le Hezbollah est un parti politique légal dans la vie politique au Liban, avec des ministres, des députés et des autorités élus. Pourquoi répétez-vous sans cesse Hezbollah, Hezbollah, Hezbollah, Hezbollah… ? C’est un parti politique légal d’un pays représenté à l’ONU. Nous n’avons pas et n’avons pas eu de relations politiques avec le parti politique Hezbollah. De nombreux Libanais vivent au Venezuela. Ils sont les bienvenus. Vive la colonie arabe, libanaise, syrienne, palestinienne qui habite au Venezuela !

Les USA vont continuer à proférer des mensonges qui ont été démentis à chaque fois que ces campagnes ont été menées contre le Venezuela. Les Libanais du Venezuela jouissent de la liberté politique et de la liberté de pensée. Le Venezuela n’a besoin de groupes venant de l’extérieur pour se défendre. Nous nous défendons par la parole et par l’action. Les vénézuéliens et les vénézuéliennes sont capables de se défendre par eux-mêmes. Cette question du Hezbollah au Venezuela est à l’image d’une vieille puce informatique. Elle est hors d’usage. Vous devriez la changer.

Il en va de même pour les FARC. Que sont les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes ? Un parti politique légal en Colombie. Bien sûr, nous avons des relations avec les FARC. Les FARC ne sont pas une guérilla, grâce aux efforts que nous avons faits depuis le Venezuela, Cuba et d’autres pays du monde pour parvenir à un processus de paix. Un accord de paix a été signé et toutes les activités publiques des FARC et celles de leurs dirigeants sont légales. Pour combien de temps … ?

C’est encore l’un de ces logiciels vieillis que vous devriez retirer de votre cerveau et de vos discours. Le Venezuela est un pays pacifiste et antiterroriste. Nous sommes contre toutes les formes de terrorisme, quelles qu’elles soient : le terrorisme d’État tel que celui qui est pratiqué par les États-Unis en Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan ou le terrorisme sous toutes ses formes. Nous sommes un pays anti-terroriste et pacifiste. Nous, les bolivariens, nous sommes, nous avons été et nous serons toujours un peuple constitutionnaliste et humaniste.

Les armes et la puissance de feu de la République sont entre les mains de la force nationale bolivarienne [Fuerza Armada Nacional Bolivariana, FANB] ne sera utilisée que pour défendre notre territoire et la paix. C’est très simple. Ce pays est un pays démocratique, fort, qui a des institutions.

Pour ce qui a trait à l’accès aux comptes, nous luttons pour défendre l’argent et les comptes bancaires de la nation : ceux du pays et des entreprises publiques à l’étranger. C’est une bataille difficile, dure. Les yeux de l’ambition politique sont fixés sur ces comptes pour voler nos ressources. Nous sommes en pleine bataille. Dès qu’il y aura des résultats positifs, nous informerons la population. Ces ressources qui sont la propriété du peuple sont destinés à se transformer en logements, en nourriture, à améliorer encore la santé, le travail, le développement économique.

Quant à l’or, ce n’est pas le sujet de cette conférence de presse. On pourrait en avoir une autre sur ce thème. Dison que nous avons un modèle de développement minier respectueux de l’environnement Cela se passe très bien. Au cours du premier semestre de cette année, la production d’or va être triplée. Le Venezuela bénéficie sans réserve du droit international comme tout autre pays qui produit de l’or.

Si nous produisons des pommes de terre et que nous voulons les exporter, pourquoi les États-Unis doivent-ils surveiller nos exportations de pommes de terre ? pourquoi devrais-je leur dire : « les pommes de terre qui arrivent au port de La Guaira prendront le chemin de tel navire et ce navire arrivera au port de je ne sais où… ? » Pourquoi ? Sommes-nous un pays soumis, contrôlé par une intervention étrangère ?

Nous produisons l’or vénézuélien et nous le vendrons à bon prix sur le marché international. L’or du Venezuela ne manque pas d’acheteurs, loin s’en faut. Nous allons tripler notre production d’or pour ce premier semestre. Ce sont de bonnes nouvelles pour le Venezuela (13).

Pour le pétrole, nous avons des plans B, C, D, E, F, F, G, H, I, dzeta, alpha et omega. Nous travaillons à tous ces projets et ils ne réussiront pas à bloquer notre industrie pétrolière.

J’appelle les travailleurs, les professionnels de l’industrie pétrolière à faire preuve de la plus grande dignité et à accroître le travail de production. Nos adversaires nous rendent les choses difficiles ? Eh bien, nous avons l’habitude de surmonter les difficultés. Notre industrie pétrolière va s’en sortir malgré les agressions. Il y a assez de marchés dans le monde pour le pétrole produit par le Venezuela. Je l’espère vraiment. Je m’engage personnellement pour que nous atteignions cette année l’objectif d’un million de barils supplémentaires pour le marché mondial du pétrole : un million de barils supplémentaires ! Ce qui signifie de la richesse et des revenus pour le pays. Personne ne va arrêter le Venezuela. Ce sera une bonne année économique malgré tous les obstacles, une année de travail acharné, de grands efforts, et je suis sûr que nous obtiendrons de bons résultats.

Question de María (Marilu) Lucrezio de la RAI Uno (Italie)

Maria Lucrezio – Bonjour. Monsieur le Président, vous avez dû recevoir une réponse du Pape. S’il n’y a pas d’élection présidentielle, quelle est la solution ? Comment sortir de cette crise ? Que va-t-il se passer dans les semaines à venir ?

Nicolas Maduro – Le Pape a donné une conférence de presse il y a deux jours et j’espère que la lettre que je lui ai envoyée est déjà entre ses mains. Je suis sûr que le Pape, qui gouverne l’Église dans le monde, veut aider le Venezuela. Nous attendons patiemment sa réponse à notre message afin qu’il aide à une rencontre entre vénézuéliens et qu’il soutienne tous les processus de dialogue qui se déroulent au-delà de notre frontière. Nous attendons patiemment. Dieu veuille que sa réponse soit très éclairée et favorable.

Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines ? Le Venezuela va continuer dans la voie de la paix et de la tranquillité. Nous allons poursuivre la lutte. Je vais continuer à gouverner. Le peuple va continuer à travailler, à étudier et nous allons dénoncer encore toute cette politique agressive et interventionniste. Voilà ce qui va se passer dans les semaines à venir.

Nous allons lutter et encore lutter pour que triomphe la vérité sur le Venezuela. Je suis sûr que nous allons aller de l’avant, progresser, gagner du terrain. Ici, c’est la vérité qui va triompher. Nul coup d’Etat ne sera imposé, en aucun cas et sous quelle que forme que ce soit, comme je l’ai dit depuis le 23 janvier.

Au Venezuela, prévaudront la constitution, le peuple, sa volonté, sa souveraineté. La constitutionnalité et la paix l’emporteront. Je l’ai dit et aujourd’hui, je le confirme. Nous allons ouvrir en 2019 des perspectives pour atteindre les grands objectifs de la reprise et de la croissance économique. C’est là que nous devons mettre l’accent sans nous laisser distraire. Il faut mettre l’accent sur ce qui est nécessaire : sur la relance de l’économie, sur son expansion, sur la création de richesses pour que notre modèle social d’égalité, de non-exclusion, de bénéfices partagés se développe et se consolide et pour qu’il s’applique sur le plan politique cette année au Venezuela.

Je souhaite seulement la tenue d’élections législatives anticipées au Parlement. Ce sont ces élections qui vont contribuer à la stabilité du pay et à surmonter ces troubles que nous vivons.

Question de la journaliste américaine Karla Zabudlovsky de l’agence de presse nord-américaine Buzzfeed News

Karla Zabudlovsky – J’ai deux questions. La première : quelle serait la réponse de votre gouvernement si les troupes nord-américaines arrivaient à la frontière avec la Colombie ? La deuxième question porte sur plusieurs quartiers populaires chavistes qui se sont joints aux manifestations ces derniers jours et ces dernières semaines, à Petare, à Catia, à La Guaira. À quoi attribuez-vous cela ?

Nicolas Maduro – J’ai vu les gens qui participaient aux grandes marches que nous avons faites. Je ne sais pas si vous avez les yeux qu’il faut pour voir cela : ces immenses marches qui ont eu lieu à Valencia, à San Juan de los Moros, à Maracay, à Maracaibo, à Cabimas. J’ai vu les grandes marches des quartiers le 2 février quand plus de 500.000 personnes ont rempli l’avenue Bolívar. Cela, oui, je l’ai vu ! J’espère que vous aurez aussi des yeux pour les voir et les diffuser. Sur les médias nord-américains et sur d’autres, je ne vois que des photos fort bien arrangées en faveur de l’opposition. Faites ressortir l’autre vérité.

Parmi nous, il y a des équipes techniques qui sont allés sur le terrain à Vargas et à La Guaira. Mais pour vous, le peuple ce sont des gens invisibles, comme je les appelle. Nous sommes des gens invisibles pour vous. Vos questions sont posées sur la base d’un scénario vieilli qui remonte à douze semaines et que vous répétez ici. C’est un script ressassé de l’opposition : « le peuple chaviste proteste dans les rues…, les forces armées se sont soulevées…, Maduro est tombé ! ». Et après ? Qui va gouverner ce pays ? Comment vont-ils le gouverner ? Mais nous, nous existons. Nous n’allons pas disparaître. Votre scénario inclus dans votre question n’est pas viable.

Le peuple, ça existe ! Nous n’existons que parce que nous représentons la vérité. Nous avons remporté 23 élections sur 25. C’est pourquoi nous avons pu mobiliser des milliers de personnes dans toutes les villes du pays. Nous avons un pouvoir populaire, nous avons une légitimité véritable et réelle. Nous avons recueilli 2 millions de signatures en 24 heures et je suis sûr que nous allons dépasser les 10 millions de signatures. Nous allons au-delà du Chavisme. Nous allons à la rencontre de tout le pays. Nous parlons à un Venezuela qui veut la paix et si je suis ici, ce n’est pas à la suite d’un coup d’État ou un acte de force. Je me trouve ici dans ce palais présidentiel, parce que nous avons avec nous la vérité, l’humble vérité.

Mal préparé et démodé, votre scénario cherche à imposer une sorte de modèle matriciel au monde : « Des dizaines de morts ! Des dizaines de protestations ! Maduro est en train de tomber ! ». Mais ce que les gens veulent ici, c’est la paix.

Si les troupes américaines viennent en Colombie, qu’elles y restent. Ils peuvent amener un million de soldats en Colombie, mais alors les femmes et les filles colombiennes devront être protégées des viols des soldats américains. Ils peuvent amener deux millions de soldats, deux millions de tanks en Colombie. Eh bien, qu’ils restent en Colombie ! Il nous faut du calme et de la sagesse. Ce n’est pas notre problème. Nous n’allons pas tomber dans les provocations ou dans des aventures d’aucune sorte. Nous sommes dans un pays de paix. Du dimanche 10 au dimanche 15 février, nous aurons des exercices militaires pour vérifier tous nos systèmes de missiles, notre parc d’artillerie, notre système de défense aérienne, nos chars, l’état de nos soldats, notre contrôle territorial, car nous sommes un pays pacifique. Nous n’entraînons pas nos troupes pour aller occuper d’autres pays. Nous n’entraînons pas notre armée pour envahir et occuper d’autres nations. Nous formons nos troupes pour qu’elles défendent cette terre et pour qu’elle connaisse la paix, la souveraineté dans le respect de son intégrité territoriale.

Question d’Alex Vasquez de l’Agence Bloomberg des États-Unis.

Alex Vasquez – Monsieur le Président, je voulais seulement vous demander si vous et le ministre du pétrole [Manuel Quevedo] avez insisté pour que PDVSA fasse tout son possible pour défendre CITGO (14). L’opposition répète qu’au cours des prochains jours elle nommera une nouvelle direction pour CITGO (15). Je voudrais savoir si vous avez entamé des actions juridiques ? Qu’avez-vous fait à ce sujet. Vous dites aussi que vous avez un plan B, un plan C pour la vente du pétrole. Je voulais savoir s’il y a eu des conversations avec la Chine qui est l’un des rares pays capables de traiter du pétrole brut lourd. En ce qui concerne les obligations de la République, celles de PDVSA, on a affirmé qu’elles pourraient sortir de certains indices tels que celui de J. P. Morgan (16). Je voudrais savoir si votre gouvernement craint que ces obligations tombent entre les mains des fonds vautours.

Nicolás Maduro – En ce qui concerne la dette, nous avons une équipe de négociation qui s’occupe très bien de sa restructuration au plan mondial, malgré toutes les pressions iniques du Trésor américain. Nous sommes préparés et nos équipes sont qualifiés pour mener des négociations directes avec ceux qui possèdent des titres de la dette émis par le Trésor vénézuélien. C’est dans leur intérêt à condition qu’il y ait une reprise économique dans le pays et qu’il dispose de ses propres ressources. C’est le message principal que nous leur transmettons.

Il y aura toujours un marché pour le pétrole vénézuélien. Nous aurons toujours des opportunités, toujours ! Soyez en sûrs. Le pari mesquin que font certains Vénézuéliens pour couper le flux de notre pétrole dans le monde est un pari stupide et criminel.

Je n’arrive pas à comprendre l’esprit des vénézuéliens qui travaillent à ce que le pays ne vende pas son pétrole, à ce qu’il reste coincé dans les cargos pétroliers et reste au Venezuela. Je ne comprends pas cet état d’esprit. S’ils vivent au Venezuela, je ne les comprends pas. Certains qui vivent à l’étranger, à Miami ou en Colombie n’aiment plus leur patrie. Ce sont des émigrés qui lui veulent tout le mal possible… Les conséquences économiques et sociales d’un blocus total de nos pétroliers seraient catastrophiques et j’appellerais les gens à lutter, à travailler. Je peux vous assurer que le peuple y répondrait avec amour, passion et détermination.

Les choses ne vont pas se passer de cette façon.

J’aime parfois prendre des exemples un peu pédagogiques Pourquoi font-ils tout cela contre le Venezuela, Pourquoi tant d’attaques, tant de malveillance, tant de machinations ? Pourquoi ? Pour le pouvoir politique ? Veulent-ils le pouvoir politique coûte que coûte, quitte à détruire le Venezuela, à le laisser envahir afin que plus une goutte de pétrole ne sorte à l’exportation ?

Supposons qu’ils prennent le pouvoir politique… Et ensuite ? Que vont-ils faire de nous ? Parce que nous n’allons pas capituler, parce que cette ville ne va pas se rendre. Que vont-ils faire de ce peuple ? Allez là-bas, et vous pourrez voir à Petare, à Catia, ce peuple chaviste qui se compte par millions. Nous l’avons déjà vu dans l’histoire que nous avons vécue au cours de ces 27, 30 années de lutte.

C’est une folie totale. Elle provient des extrémistes qui ont pris d’assaut la Maison-Blanche. C’est un groupe d’extrémistes, de fous qui font pression sur la cinquième colonne qu’ils ont installée dans ce pays. C’est pourquoi je fais encore une fois appel aux Vénézuéliens, à l’union de tous les Vénézuéliens de bonne volonté. Je fais le pari que ce pays ira de l’avant grâce au travail, à l’effort, à la paix. Il saura comment s’en sortir ? Rien ni personne ne bloquera les côtes du Venezuela. Nul ne bloquera notre pétrole et soyez assurés que nous avons des plans bien pensés pour que les pétroliers vénézuéliens continuent d’arriver à bon port dans le monde.

Pour ce qui est de l’autre question qui a été posée à propos de CITGO, je réponds que nous avons entamé des actions en justice. Toute personne qui acceptera des nominations illégales, qui usurpera des postes au sein de PDVSA ou de CITGO sera différée à la justice. Aujourd’hui, demain ou plus tard, toute ces gens seront soumis à la justice comme il se doit. Ici il n’y a qu’un seul gouvernement qui possède l’autorité constitutionnelle pour nommer à ces postes. Nous allons continuer à nous battre pour CITGO.

Je n’arrive pas à comprendre qu’une personne qui revendique la nationalité vénézuélienne, qui est née dans notre pays, trahisse sa patrie et se soit vendue à l’étranger au point d’applaudir le vol de la compagnie pétrolière CITGO par les États-Unis. Je n’arrive pas à le comprendre.

CITGO est une société nationale, propriété de la nation vénézuélienne. C’est une action totalement injuste et illégale que de prétendre voler notre propriété et cette richesse que CITGO représente pour le Venezuela, surtout pour les générations futures. Malgré mes efforts, je n’arrive pas à comprendre ces gens. Comment la mentalité de certaines personnes peut-elle se dégrader au point de penser qu’elles pourraient arriver au pouvoir politique en causant du tort à leur pays ? Il faut que ces dégâts cessent.

J’appelle encore une fois cette opposition politique à un peu de bon sens, de rationalité et de courage. Nous en avons besoin. Qu’ils fassent un pas en avant et qu’ils arrêtent de porter préjudice au pays. À eux tous, aux députés, à l’“autoproclamé”, à l’ancienne Table de l’Unité Démocratique (MUD), je lance un appel : arrêtez de meurtrir ce pays. Vous vous êtes trompé : vous êtes au mauvais endroit de l’histoire. Vous commettez une grave erreur contre le pays et contre vous-même. Vous êtes dans un cul de sac.

Le Venezuela mérite mieux. Il mérite l’affection, l’amour, la bonne volonté, la bonne foi de ceux qui l’aiment comme nous l’aimons. C’est un appel que je ne cesse de lancer. J’espère que cette conférence de presse contribuera, ou a déjà contribué, à fournir des éléments pour un meilleur équilibre. Je ne demande que cela : plus d’équilibre pour ce qui touche au Venezuela. J’espère que les invisibles, tout comme moi qui suis le premier d’entre eux, pourront apparaître dans ce que vous écrirez, dans vos images, dans l’information que vous diffusez.

Merci beaucoup. Vous serez toujours les bienvenus au Palais présidentiel de Miraflores.

***

Notes

(1) « Primera combatiente », titre honorifique semi-officiel accordé par le gouvernement vénézuélien aux personnalités chavistes qui exercent des fonctions importantes, soit au sein de l’exécutif, soit dans des postes diplomatiques, soit pour leur action militante.

(2) Le 3 février, lors d’une interview accordée l’émission “Face the Nation” de la télévision nord-américaine CBS, Donald Trump a déclaré qu’il envisageait d’envoyer un contingent militaire au Venezuela et de mettre hors la loi le gouvernement de Nicolás Maduro ainsi que le peuple qui le soutient.

(3) Fondé en 1973, Le CARICOM regroupe 15 pays des Caraïbes et certaines îles quasi indépendantes, bien que rattachées encore sur un plan formel à la Grande Bretagne. En sont membre de droit : le Belize, la République de Guyana, les îles d’Antigua-et-Barbuda, La Barbade, Dominique, Grenade, La Jamaïque, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadine. Trinité-et-Tobago, les îles Vierges britanniques et le îles Turques-et-Caïques, ont un statut de membre associé.

Le CARICOM a reconnu la légitimité de l’élection présidentielle remportée par Maduro en 2018 et a toujours refusé de reconnaître la présidence par intérim de Juan Guaidó. Le 16 mars encore, le CARICOM a rejeté rejette la proposition du Canada et de Juan Guaidó créer une organisation appelée “Energy Cooperation and Stability Agreement”, ayant pour but d’en finir avec Petrocaribe, c’est-à-dire à l’organisation qui distribue le pétrole vénézuélien dans les Caraïbes et dont font partie, outre le Venezuela, Cuba, la République Dominicaine et 12 des 15 pays du CARICOM.

(4) Oswaldo Valentín García Palomo, colonel à la retraite de la Garde nationale bolivarienne a été arrêté en janvier 2019. Il avait participé à l’opération “Armageddon”, un coup d’État militaire prévu pour empêcher la réélection à la Présidence de Nicolás Maduro le 20 mai 2018 mais qui échoua peu de temps auparavant. La taupe au palais de Miraflores était le lieutenant-colonel Ovidio Carrasco Mosqueda. Il dirigeait les services de communications de la Garde d’honneur présidentielle tout en divulguant aux dirigeants de l’opposition de fausses informations et des documents touchant à la sécurité de l’état. Tous deux étaient très liés aux services secrets nord-américains, C IA, notamment, et colombiens. García Palomo et Carrasco Mosqueda ont été impliqués directement dans l’attaque au drone contre Nicolás Maduro le 4 août 2018 sur l’avenue Bolívar à Caracas, lors d’un défilé de la Force Armée Nationale Bolivarienne.

(5) Référence à la sortie en 1969, en pleine guerre du Vietnam, de « Give Peace a Chance » qui fut la première chanson officielle produite de la carrière en solo de John Lennon. Le refrain « All we are saying is give peace a chance » obtint un très grand succès. En 1971 Lennon publia encore l’album Imagine qui se présentait comme un hymne pacifiste, notamment dans la première chanson où Lennon lançait cet appel : « Imagine que tous les gens vivent en paix » [« Imagine all the people, living life in peace »].

(6) Le Groupe de Contact International comprend certains pays de l’Union Européenne (Royaume-Uni, France, Suède, Allemagne, Pays Bas, Portugal, Italie) et pour la partie latino-américaine, l’Uruguay, l’Équateur, le Costa Rica, le Mexique et la Bolivie. Lors de la réunion du 7 février 2019, les pays hostiles à Maduro, emmenés par Federica Mogherini, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ont tenté de faire passer un texte intimant quasiment l’ordre au Gouvernement vénézuélien de proceder rapidement à des « élections présidentielles libres ».

Cette résolution constituait non seulement une insulte en sous-entendant que l’élection du 20 mai n’avait pas été libre mais, de surcroît, invalidait de facto l’élection de Maduro, pourtant exemptée de toute fraude par près de 2000 observateurs appartenant à l’Union Africaine, au CARICOM et à d’autres pays. La transparence du scrutin fut également louée par les cinquante observateurs du prestigieux Conseil des Experts Électoraux d’Amérique Latine (Consejo de Expertos Electorales de Latinoamérica, CEELA), parmi lesquels on compte 20 ex-présidents, vice-présidents et magistrats de plusieurs pays. José Luis Rodríguez Zapatero venu lui aussi en observateur après avoir beaucoup œuvré, bien qu’en vain, pour trouver un terrain d’entente entre les chavistes et l’opposition, a déclaré pour sa part que l’élection s’était déroulée dans des conditions exemplaires.

(7) Juan Manuel Santos était à l’époque président de la Colombie et Julio Borges dirigeait l’opposition à l’Assemblée Nationale. Le sabotage de la réunion à Saint Domingue par l’opposition a été clairement dénoncé par l’ex-président espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero dans une lettre ouverte du 7-02-2018 qu’il leur a envoyé :

« Après avoir travaillé sans relâche pendant deux ans pour une coexistence pacifique et démocratique, pour surmonter les problèmes économiques et sociaux du Venezuela et dans un esprit de réconciliation entre tous les Vénézuéliens, et après un énorme effort de dialogue parrainé ces derniers mois pour l’effort exemplaire du président et du chancelier de la République dominicaine, accompagné par un groupe de pays amis, nous avions abouti à un consensus fondamental en faveur d’un grand accord. Il représentait un espoir réel et courageux pour l’avenir du Venezuela. Il a été matérialisé par un document présenté aux deux parties qui répond aux propositions essentielles discutées au cours des mois, à savoir l’accord sur un processus électoral avec des garanties et un consensus sur la date des élections, sur la question des sanctions contre le Venezuela, sur le fonctionnement de la Commission pour la Vérité, sur la coopération face aux défis sociaux et économiques, engagement en faveur de la normalisation institutionnelle et les garanties pour la réalisation de l’accord et sur des engagements en faveur d’un fonctionnement et d’un développement pleinement normalisés des politiques démocratiques. De manière inattendue pour moi, le document n’a pas été signé par la représentation de l’opposition […] », https://www.aporrea.org/oposicion/n320777.html

(8) L’Assemblée Nationale n’a pas été dissoute, après avoir été mise en état de desacato – outrage – par le Conseil Suprême de Justice (Tribunal Supremo de Justicia). Son pouvoir législatif lui a été momentanément retiré car elle avait admis en son sein, après leur avoir faire prêter serment, plusieurs députés dont l’élection frauduleuse avait été invalidée par le Conseil Suprême de Justice.

Pour le retrouver ses pleins pouvoirs législatifs, il suffisait à l’Assemblée Nationale de renoncer à intégrer les députés mis en cause, quite à les réadmettre éventuellement après de nouvelles élections sanctionnées par le Conseil Suprême de Justice. Ce que l’Assemblée Nationale a refusé, déniant par là même toute légitimité à ce dernier.

Comme cela se passe en France pour le Conseil Constitutionnel, le Conseil Suprême de Justice au Venezuela, qui en est l’équivalent, a prééminence sur le corps législatif. Son autorité est reconnue par la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela, toujours en vigueur, et qui a été adoptée le 15 décembre 1999 par référendum populaire. L’opposition n’a d’ailleurs jamais contesté ouvertement cette constitution, ni en 2004 quand elle appelé vainement à une destitution du président Hugo Chávez par un référendum révocatoire, prévu dans la Constitution de 1999, ni lorsqu’elle a remporté les élections parlementaires le 6 de diciembre de 2015, toujours dans le cadre de cette constitution.

(9) Selon, l’article 233 de la constitution de 1999, le Président de la République sera déclaré empêché d’assurer ses fonctions dans les cas suivants : « décès, démission, révocation prononcée par décision du Tribunal Suprême de Justice, incapacité physique ou mentale permanente constatée par un conseil médical nommé par la Conseil suprême de justice, abandon de son mandat, constaté par l’Assemblée nationale, ou encore par un vote populaire révocatoire de son mandat […]. Dans ces cas, une nouvelle élection universelle, directe et secrète doit avoir lieu dans les trente jours consécutifs à la constatation de l’empêchement ». Or il est clair qu’aucun de ces cas d’“empêchement” n’existe à l’heure actuelle : Maduro n’est pas décédé, il n’a pas démissionné, il n’a pas été déclaré incapable d’assurer sa charge pour des raisons physiques ou mentales, il ne s’est pas enfui en abandonnant son mandat et l’opposition n’a proposé aucun nouveau référendum révocatoire, échaudée par l’échec de 2004 qui avait confirmé Hugo Chávez dans ses fonctions avec près de 60% des votes.

(10) À la suite de l’Ouragan Maria qui avait frappé Porto Rico et qui avait fait de nombreux morts et disparus, avec de nombreux blessés et des destructions considérable, Donald Trump s’est rendu sur l’île le 3 octobre 2017. À cette occasion, il a nié l’évidence, à savoir la lenteur et pour tout dire le niveau dérisoire des secours apportés aux habitants par son administration. Trump a une fois de plus montré son mépris et même ce qu’il faut bien appeler son racisme anti-latino. Après avoir tancé les portoricains qui assurent des tâches civiles et politique pour leur médiocrité et leur incompétence – une attaque visant notamment Carmen Yullin Cruz, maire de la capitale de Porto Rico -, après les avoir accusés de “bousiller” leurs budgets, Trump s’est jeté dans un exercice incongru et insultant en lançant à la volée des rouleaux d‘essuie-tout censés servir, entre autres usages, de papier toilette aux sinistrés.

Assez discrets sur ce sujet, les médias français s’en sont donné à coeur joie en revanche pour commenter une prétendue pénurie de papier toilette au Venezuela. En France, de 2013 jusqu’à aujourd’hui, on ne compte plus les articles plus ou moins graveleux donnés en pâture aux citoyens sur cette pseudo disette par la quasi-totalité des grands médias et sites d’information : Le Figaro, Le Point, Le Monde, Le Nouvel Obs, Courrier international, Causeur, Atlantico etc. À l’inverse de cette presse à la limite de l’obscénité, voir la saine réaction de Jean Luc Mélanchon, « Enfin un vrai débat : y a-t-il assez de PQ au Venezuela ? », https://melenchon.fr/2017/12/04/enfin-un-vrai-debat-y-a-t-il-assez-de-pq-au-venezuela.

(11) Sur la situation à Cúcuta et dans sa région, voit « Informe estratégico. Geografía de la guerra y escenarios de la intervención en Venezuela », Misión Verdad, Grupo de Investigación Estratégica y Comunicación Política, Caracas, marzo 2019, https://misionverdad.us19.list-manage.com/track/click?u=dd1af9c6ad7edfd5c445986cd&id=4c3b1e4e1f&e=dcdd172b21. Traduction française par Daniel. Vives Simorra : « Géographie de la guerre et scénarios de l’intervention au Venezuela. Mission Vérité (Caracas) ». https://communismeinfos.org et https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/geographie-de-la-guerre-et-213328. Les textes sont également disponibles sur son site : https://communismeinfos.org.

(12) Petróleos de Venezuela, S.A. (PDVSA) et ses filiales sont des sociétés publiques qui appartiennent la République bolivarienne. Depuis sa création en janvier 1976, PDVSA réalise des activités d’exploration, de production, de raffinage et d’exportation de pétrole. Elle intervient aussi dans l’exploration et la de production de gaz naturel. PDVSA est au cœur de l’industrie pétrolière du Venezuela, le cinquième exportateur mondial de pétrole.

(13) Pour saisir l’importance de la question des minerais aurifères lors de la conférence de presse de Nicolás Maduro, on rappellera que le 19 mars 2019, les États-Unis ont imposé une nouvelle série de sanctions contre le Venezuela, notamment en prenant cette fois-ci pour cible la compagnie minière d’État Minerven.

Le Département du Trésor nord-américain, à l’origine des sanctions, a justifié son agression en prétextant que le Venezuela se livrerait à des “opérations illicites en or”. Arguant d’un souci écologique dont ils ne se sont jamais souciés, les USA se griment en défenseurs d’un environnement que le gouvernement bolivarien mettrait en péril dans l’arc minier de l’Orénoque et dont l’exploitation se ferait au détriment des droits des peuples originaires de la région.

En février 2019, les USA s’étaient déjà saisi des réserves d’or vénézuélien –estimées à un milliard 500 millions de dollars – avec la complicité de la Banque d’Angleterre où elles étaient déposées.

Vers le milieu mars de cette même année la banque Citigroup s’apprête à spolier à nouveau le Venezuela de 250 millions de dollars, en s’appuyant sur un contrat passé en 2015 avec le Gouvernement de Maduro qui consistait à transférer plusieurs tonnes d’or physique à la banque en échange d’une somme d’un milliard 100 millions de dollars, le rapatriement de l’or contre le remboursement de cette somme devant être effectuée par le Trésor vénézuélien avant le 11 mars 2019. Le Venezuela n’ayant pu rembourser à temps en raison du blocus financier et le vol de plusieurs de ses actifs par les États-Unis, Citigroup a refusé tout délai pour le remboursement et le rapatriement de l’or en prétextant une rupture de contrat. Elle a annoncé son intention de le vendre sur le marché pour une somme qui devrait atteindre un milliard 350 millions de dollars. D’où un gain de 250 millions de dollars qui au lieu d’être rendu à Caracas sera déposé dur un compte bancaire aux USA, déjà alimenté par de multiples saisies financières au préjudice du Venezuela. L’administration de Donald Trump a fait en sorte que ces sommes considérables soient mises sous embargo. Par contre, le Department of the Treasury nord-américains a prévu que ces sommes soient (en partie ?) accessible à l’opposition et à son président marionette, Juan Guaidó.

Comme les multiples offensives pour ruiner les ressources pétrolières du Venezuela avant d’en prendre un jour possession, la traque destinée à priver le Venezuela de ses réserves de minerai d’or – probablement les secondes au niveau mondial après l’Australie – s’inscrit dans une inquiétude stratégique plus ample de la Maison Blanche face aux perspectives de création d’un ordre monétaire alternatif, soutenu par l’or et indépendant du dollar américain

À la fin février 2018 le Gouvernement Bolivarien a lancé une cryptomonnaie nationale, le petro, une devise digitale adossée aux réserves d’or et de pétrole du pays pour lui permettre de ne plus dépendre du dollar pour les ventes de pétrole. Or, ce tournant financier, encore fragile, rejoint les vastes projets de la Russie et de la Chine pour se libérer de l’une des armes essentielles du despotisme hégémonique US, le roi-dollar.

Pékin et Moscou ont accumulé ces dernières années de grandes quantités d’or physique visant à créer un nouvel ordre monétaire qui ne se baserait plus sur le seul dollar, aujourd‘hui non convertible. Une nouvelle monnaie hors dollar feraient perdre à celui-ci sa capacité à fonctionner comme monnaie de réserve.

Déjà les deux pays ont commencé à remplacer le billet vert par le yuan et le rouble dans leurs échanges commerciaux et la Chine organise désormais une cotation de l’or en yuans. La Chine a déclaré récemment que son système de règlement des paiements directs entre elle et la Russie sera étendu à d’autres pays producteurs de pétrole comme le Venezuela, la Russie, l’Iran, le Nigéria, l’Angola …, soucieux de ne plus dépendre du dollar US pour leurs exportations. La Chine, principal importateur mondial de pétrole, lance et lancera de plus en plus des contrats à terme pour le pétrole brut libellés en yuans. Des échanges pourraient bientôt être payés en yuans, en petro-yuans, en petros vénézuéliens ou dans une crypto-monnaie sino-russe, toutes basées sur l’or et donc convertible.

(14) CITGO Petroleum Corporation est une filiale de PDVSA installée aux USA. Elle y raffine le pétrole brut vénézuélien à hauteur de 750 mille barils journaliers, soit 4% de l’ensemble du pétrole raffiné aux USA et le commercialise dans ce pays grâce à une chaîne de 6000 stations-service. Ayant déjà été condamnée en 2017 par un juge fédéral nord-américain, CITGO a été l’objet d’une nouvelle attaque l’année suivante par la Cour de l’état du Delaware qui a prononcé son embargo. L’arrêt rendu faisait suite à une plainte de la multinationale canadienne (Cristallex International Corporation,) contre PDVSA qui lui aurait porté tort par des retards dans le paiement de la dette ainsi que par le non-respect de supposés droits miniers au Venezuela. Argument fallacieux, malgré les arguties juridiques, puisque l’extraction minière au Venezuela dépend non de PDVSA mais de l’entreprise étatique Minerven. En fait, le gouvernement Bolivarien avait tout simplement annulé au début des années 2010 les projets de Cristallex pour l’extraction d’or au Venezuela. Au nom de retards dans le paiement de la dette, d’autres grands groupes canadiens comme Rusoro Mining de Vancouver ont également participé à la curée, Finalement, CITGO a été confisqué et PDVSA exclu du marché du pétrole brut aux USA.

Au début de 2019, Donald Trump a interdit les achats de la dette vénézuélienne et le rapatriement des dividendes de CITGO, ce qui annulait deux importantes sources de financement pour le Venezuela. Trump avait déjà émis un décret le 24 août 2017 (décret exécutif 13.808), qui sanctionnait CITGO en lui interdisant de contracter de nouveau emprunts et de négocier ou de transférer ses dettes anciennes aux USA. Le décret interdisait également à CITGO le paiement de dividendes et de procéder à des opérations de capitalisation.

Parallèlement, Juan Guaidó et l’opposition ont applaudi à ces sanctions nord-américaines. Dès 2017 et surtout depuis le début de 2019, ils sont entrés en tractations avec les États-Unis pour proposer une nouvelle direction de CITGO et un Conseil Transitoire d’Administration de PDVSA, favorables aux projets de prise en main du pétrole vénézuélien par les grands groupes pétroliers nord-américains. Ces discussions censées préparer le transfert des actifs vénézuéliens aux USA à l’opposition recouvrent en réalité une future spoliation pure et simple des ressources énergétiques du Venezuela.

(15) En novembre 2017, le procureur général de la République Bolivarienne du Venezuela, Tarek William Saab, avait fait arrêter pour corruption six dirigeants de PDVSA pour des actes de corruptions portant sur des contrats léonins signés avec des « fonds vautours » nord-américains au détriment du trésor vénézuélien, CITGO servant de garantie aux contrats signés. Bien entendu, les États-Unis protestèrent violemment en prétextant que 5 des 6 impliqués avaient la double nationalité : étasunienne et vénézuélienne.

(16) La banque J.P. Morgan est détentrice d’une part importante de la dette obligataire vénézuélienne, libellée en dollars, qui se compose de titres émis par la République Bolivarienne et par sa compagnie pétrolière PDVSA.

Comme le fait remarquer la remarquable étude comparative de Misión Verdad –(http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/guerra-financiera-l-riesgo-pais-de-venezuela-aumenta-a-medida-que-cancela-su –, à mesure que le gouvernement vénézuélien et PDVSA annulent leur dette extérieure, J. P Morgan, leur inflige une constante augmentation de son “indicateur de risque”

Les indicateurs de risque de ce type, gouvernent essentiellement les dettes de pays “émergents”, c’est-à-dire en voie de développement plus ou moins rapide du point de vue capitalistique

Ces indices de référence sont calculés en fonction du rapport entre le montant de la dette et le PIB du pays emprunteur. La cote indicielle obtenue évalue les capacités financières d’un pays à payer ou ne pas payer sa dette extérieure ainsi que les intérêts.

Mais si l’incertitude pour la sécurité des paiements à moyen terme de la dette d’un pays fait monter automatiquement l’indice de risque, celui-ci est également augmenté dans des proportions considérables lorsque ce même pays entretient des rapports conflictuels avec le grand capital financier impérialiste –nationalisations, privatisation de l’énergie et des services publics, socialisation même partielle de l’économie, réticences à se plier aux injonctions du FMI, de la banque mondiale…

En revanche, les problèmes de ces cotes indicielles, qui peuvent ruiner un pays en peu de temps, ne jouent pas pour les USA et plusieurs de ses satellites, comme le Japon, l’Espagne…, où la dette dépasse allègrement les 100% du PIB. D’où une dette qui devient impayable. Situation d’autant plus confortable que dans ces pays les taux d’intérêt sur les emprunts obligataires « sont maintenus artificiellement bas afin de ne pas creuser les déficits budgétaires » (op.cit.). Impérialisme US oblige !

Selon un jeu aussi complexe qu’il est sordide, tout en conservant Caracas dans son indice EMBI pour de multiples raisons qu’on ne peut développer ici, J. P. Morgan participe à la guerre économique faite à la révolution chaviste.

Les manipulations de la banque sur l’EMBI pour le Venezuela participent au climat de sanctions et de blocus financier que les USA livrent au Gouvernement de Nicolás Maduro par l’intermédiaire du Département du Trésor, aidés en cela par l’opposition qui domine l’Assemblée nationale. Le but est de paralyser par tous les moyens les transactions sur la dette obligataire du Venezuela et, au-delà, de ruiner de possibles et nécessaires investissements.

Ainsi l’indice EMBI pour le Brésil est fixé à 245 points pour une dette qui représente, environ 80 % du PIB brésilien. Avant l’arrivées à la présidence de Manuel López Obrador, l’indice du Mexique sous la présidence de Peña Nieto était fixé à 186 points pour un endettement de plus de 50% du PIB mexicain

Or les choses changent du tout au tout pour le Venezuela, où l’indice EMBI monte jusqu’à 2989 points alors que sa dette extérieure n’équivaut s’établit autour de 30% de son PIB (voir op. cit.)

En outre, de 2014 à 2017 la cote de risque EMBI pour le Venezuela est passée de 1458 à 2989 points, alors que le Gouvernement Bolivarien a tenu ses engagements à temps au titre de sa dette extérieure en remboursant environ 70 milliards de dollars, « démontrant la capacité du pays à payer et sa santé financière pour continuer à débourser les ressources nécessaires sans mettre en danger les investissements sociaux et économiques » (ibid.).

Mais rien n’y fait : « chaque paiement de la dette vénézuélienne est automatiquement suivi d’une augmentation du risque » (ibid..) et cela parce que, selon l’EMBI de J. P. Morgan, « le Venezuela est le pays le plus risqué au monde pour l’investissement, ce qui compromettrait la capacité de payer d’un État qui a respecté ses engagements internationaux » (ibid..).

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