Wyatt Reed. Les spécialistes occidentaux des changement de régime lancent une campagne pour blâmer Evo Morales de Bolivie à propos des incendies en Amazonie (Trad. Daniel Vives. Simorra) [1]

Alors que le Bolsonaro brésilien permet aux propriétaires terriens d’élite d’incinérer l’Amazonie, des professionnels spécialisé dans les renversements de gouvernements anti-impérialistes comme Jhanisse Vaca Daza cherchent à réorienter la responsabilité des incendies sur le gouvernement de gauche de Bolivie, dont le président Evo Morales doit se présente aux élections en octobre.

***

Avec les incendies allumés par les propriétaires terriens qui font rage dans toute l’Amazonie depuis près d’un mois, un groupe de guerriers de l’information soutenus par l’Occident a commencé à travailler pour rediriger l’indignation du gouvernement brésilien d’extrême droite vers une cible plus pratique.

Après qu’une rafale de médias ait mis le blâme sur tout le monde, aussi bien sur les  pauvres qui mangent de la viande que sur la Chine, une nouvelle cible s’est imposée : le gouvernement bolivien de gauche du président Evo Morales.

Se contentant à l’origine d’accuser les Boliviens de ne pas réagir assez vite, la machine à déstabliser les gouvernements [anti-impérialistes]  change de vitesse et prétend absurdement que la Bolivie porte une responsabilité majeure dans les incendies en Amazonie

La campagne a été orchestrée par Jhanisse Vaca Daza, un agent anti-Morales identifié simplement comme une « activiste écologiste » dans un récent rapport de la BBC pointant du doigt le président bolivien pour les incendies.

Un examen plus attentif du travail de Jhanisse Vaca Daza révèle cependant qu’elle est le fer de lance d’un réseau d’organisations occidentales qui ont formé et conseillé les dirigeants d’opérations visant à des coups d’état du Venezuela à l’Europe de l’Est ou à favoriser les  manifestations anti-chinoises en cours à Hong Kong.

Les invectives de Jhanisse Daza contre le gouvernement social-démocrate bolivien Evo Morales, qu’elle caricature régulièrement comme un « régime autoritaire« , ne pourraient être plus grossières.

Dans ses reportages sur les médias sociaux, elle a partagé des images de propagande dépeignant le président démocratiquement élu comme un “dictateur” vêtu d’une casquette de marin et d’une moustache à la Hitler […].

Jhanissa Vaca Daza Evo Morales dictator
[2]

Cependant, lorsque les incendies de l’Amazonie ont éclaté, sa stratégie a changé.

Employant le hashtag #SOSBolivia, Jhanisse Daza et ses alliés se sont mobilisés pour s’assurer que la crise environnementale soit exploitée au maximum de son potentiel de propagande – malgré les rapports du gouvernement bolivien selon lesquels plus de 85 % des incendies ont été éteints en huit jours environ.

Un rapport de la NASA soulignant que les incendies étaient concentrés au Brésil et un autre rapport expliquant que la région la plus touchée de Bolivie, Chiquitanía, n’est même pas en Amazonie, ne présentait pas non plus un grand intérêt pour les responsables de la campagne du hashtag.

Les partisans du changement de régime en Bolivie, qu’il s’agisse de libertariens anarcho-capitalistes ouvertement déclarés ou de gauchistes autoproclamés, se sont inspirés des mêmes règles de jeu qu’ils ont utilisées contre le Venezuela, le Nicaragua et Cuba pendant des décennies. Ce sont des techniques de recyclage qui emploient des guerres économiques, physiques et médiatiques conçues pour miner et délégitimer les gouvernements anti-impérialistes à chaque tournant

Le hashtag SOS a été popularisé ces dernières années auprès des élites latino-américaines afin d’attirer l’attention sur les prétendues « dictatures » qu’ils subissent sous un gouvernement socialiste démocratiquement élu. Ils ont employé le slogan dans diverses révoltes violentes des classes supérieures, notamment dans les guarimbas [3] vénézuéliennes de 2014 et 2017 et dans les tranques nicaraguayennes de 2018 [4].

Fait révélateur, les utilisateurs les plus fréquents du hashtag SOS lancent rarement, voire jamais, leur appel à l’aide internationale aux nombreuses victimes des gouvernements de droite soutenus par les États-Unis au Honduras ou au Brésil.

Au cœur de la campagne des médias sociaux organisée sous le hashtag #SOSBolivia se trouve une ONG peu connue appelée Ríos de Pie, ou Standing Rivers. Le groupe a été fondé il y a un peu plus d’un an par Jhanisse Daza, une “militante des droits de l’homme” se décrivant elle-même comme une « activiste des droits de l’homme ».

[5]

Bien que le hashtag #SOSBolivia ait d’abord été mis en ligne pendant environ une semaine, il n’a décollé qu’après que l’organisation de Jhanisse Daza eut commencé à publier de luxueuses infographies accusant le gouvernement bolivien pour la propagation des incendies.

[6]

Leur matériel publicitaire, leurs tweets et leurs coups de pub visaient à forcer le gouvernement bolivien à accepter “l’aide internationale”. Et lorsque l’administration Morales a accepté l’aide symbolique offerte par les États occidentaux, il n’y avait guère de preuves qu’elle l’avait fait grâce à une campagne de pression publique en ligne. Cela n’a pas empêché Jhanisse Daza de s’attribuer le mérite lors d’un rassemblement.

« Savez-vous pourquoi [l’aide] est arrivée ? Parce que les citoyens qui ne sont pas des autorités, des citoyens qui – certains d’entre nous sont des influenceurs… nous avons organisé et fait pression, et l’aide est arrivée », a-t-elle décalaré.

L’autre objectif majeur de Jhanisse Daza et de ses alliés est de susciter l’indignation à l’étranger, en particulier parmi les gauchistes du “Nord Global”[7], et de mobiliser les militants du climat contre la Bolivie. Des entreprises écologistes comme “Extinction-Rébellion – dont l’objectif était moins de mettre en cause radicalement le capitalisme que de l’empêcher de se dévorer vivant – ont appelé à des rassemblements devant les ambassades de Bolivie ce week-end à travers l’Europe.

[8]


Certaines anciennes puissances coloniales européennes apprécient ce qu’elles entendent. Lorsque Jhanisse Daza a prononcé un discours pour TEDx[9] en février, dans lequel elle a décrit une approche de « lutte stratégique non violente » pour renverser Morales, un  événement qui a été parrainé par l’ambassade d’Espagne en Bolivie[10].

Jhanissa Vaca Daza Bolivia TedX Spanish embassy
[11]

L’Espagne a colonisé la terre de l’actuelle Bolivie pendant des centaines d’années et continue aujourd’hui à faire un travail de sape contre le gouvernement socialiste bolivien. Le président Morales a fustigé des puissances étrangères comme l’Espagne. Il a cherché à réduire leur contrôle sur le système politique et les ressources naturelles de son pays : « Nous lutterons toujours contre le colonialisme et l’impérialisme. »

Les gamins du coup d’Etat vont à Harvard

La pression pour obtenir que les forces progressistes au sein du camp impérialiste adoptent une position ambigüe entre l’extrême droite Bolsonaro et la montée des forces de gauche en Amérique Latine fait partie d’une stratégie plus large visant à isoler la Bolivie au niveau international en convainquant ses seuls alliés potentiels qu’elle n’est en fait pas socialiste.

Mais Jhanisse Daza n’est guère socialiste elle-même et elle est loin d’être une observatrice impartiale. Son profil LinkedIn met en avant ses références anti-gouvernementales, affirmant que “Ríos de Pie”  « combat actuellement le régime Morales et organise les citoyens ordinaires pour défendre leurs droits par des protestations non-violentes » (« “is currently fighting the Morales regime and organizing ordinary citizens to defend their rights through nonviolent protests ».

Selon son profil Facebook accessible au public, Jhanisse Daza a un passeport bolivien et sa ville natale est Sucre, la capitale du pays. Elle a toutefois passé une partie importante de son éducation et de sa carrière professionnelle aux États-Unis.

Elle a étudié à la Kent State University de l’Ohio, où sa thèse portait sur les «  régimes autoritaires en Amérique du Sud », et a par la suite elle terminé ses programmes universitaires en Grande-Bretagne et au Chili.

Jhanisse Daza a ensuite suivi des cours à la prestigieuse Harvard Kennedy School où elle a participé au programme « Diriger des mouvements non violents pour le progrès social » [« Leading Non-Violent Movements for Social Progress »].


Jhanissa Vaca Daza Harvard Kennedy School
[12]

La Kennedy school est devenue un refuge pour les cadres expatriés depuis que la vague progressiste a déferlé sur l’Amérique Latine. Parmi les anciens élèves et les professeurs de l’école se trouve le who’s who de l’administration [du “président” autoproclamé Juan Guaidó]que les États-Unis ont récemment cherché à mettre en place pour remplacer celle du gouvernement élu du Venezuela : Ricardo Hausmann, Leopoldo López, Juan Ignacio Hernández et Carlos Vecchio.

Ces personnages ont depuis lors été le fer de lance de la tentative de re-privatisation des champs pétroliers vénézuéliens, dans l’espoir de préserver leurs intérêts financiers personnels en aidant à transférer la richesse pétrolière du Venezuela au secteur énergétique américain. Ils tentent de faire bonne impression en niant les fait et en insistant sur le fait qu’ils sont de simples fonctionnaires d’un futur gouvernement vénézuélien plutôt que des émissaires des compagnies pétrolières au nom desquelles ils ont exercé des fonctions de représentation. (Comme l’a rapporté The Grayzone, Vecchio est l’ancien avocat d’ExxonMobil.)

D’ailleurs, Jhanisse Daza est indirectement liée à Leopoldo López, le leader de longue date de l’extrême droite des tentatives pour changer de type de gouvernement Venezuela, par l’intermédiaire du cousin germain de López,  le bolivien Thor Halvorssen. Ce dernier soutient le groupuscule qu’elle dirig (Ríos de Pie/ Standing Rivers) par le biais de sa Human Rights Foundation (Fondation pour les droits de l’homme). (Jhanisse Daza a également fait l’éloge de López sur son compte Instagram accessible au public.)

Fils d’un oligarque vénézuélien, Halvorssen est un ancien militant universitaire anarcho-libertarien qui a fait carrière ensuite dans l’industrie des droits de l’homme avec l’aide de milliardaires de droite comme Peter Thiel, de fondations conservatrices et d’ONG internationales comme Amnesty International.

Sa Fondation des droits de l’homme (Human Rights Foundation, HRF) a été qualifiée dans les médias de « Davos pour les dissidents » et fonctionne en fait comme un réseau de formation pour les militants en exil qui cherchent à renverser les gouvernements des États ciblés par Washington.

[13]

“L’action non-violente…. comme arme de destruction massive”

En mai dernier, HRF a commencé à octroyer des bourses de la liberté à dix militants  » anti-autoritaires  » dans des pays et des lieux que les gouvernements de l’OTAN cherchent à déstabiliser, dont le Venezuela, le Nicaragua, la Russie et Hong Kong.

Jhanisse Daza a été nommée par HRF au poste de responsable du programme Freedom Fellowships [Bourses de la liberté]. Sur la page de la fondation, elle déclare que, « Grâce à la Freedom Fellowship, [elle] a co-fondé un mouvement en Bolivie nommé Ríos de Pie qui est déjà en train de devenir l’un des principaux mouvements de résistance non-violente au régime autoritaire d’Evo Morales ».

En 2014, la BBC a participé à des sessions de formation supervisées par le HRF d’Halvorssen à l’Oslo Freedom Forum[14]. Dans le sous-sol d’un hôtel de luxe d’Oslo, la correspondante Laura Kuenssberg a décrit le témoignage d’une “école de la révolution” où des militants, y compris des dirigeants du Congrès mondial ouïghour financés par les États-Unis et des militants de première ligne dans les manifestations du collectif Occupy Central with Love and Peace (讓愛與和平佔領中環) à Hong Kong ont appris « comment réussir et faire tomber définitivement un gouvernement ».

[15]

Laura Kuenssberg, de la BBC, a déclaré : « On nous a dit que de nombreux manifestants de Hong Kong avaient été formés bien avant de descendre dans la rue pour utiliser l’action non-violente, comme ils la décrivent, comme une arme de destruction massive »[16]

Depuis 2015, Jhanisse Daza est constamment impliquée dans le Forum d’Oslo pour la liberté [Oslo Freedom Forum].

Lors de sa manifestation à New York en 2018, elle s’est entretenue avec des militants vénézuéliens de premier plan visant un renversement du gouvernement, dont Joanna Hausmann, la fille du principal conseiller économique de Juan Guaidó, leader du coup d’état organisé par les États-Unis et une personnalité de YouTube qui a collaboré avec le New York Times pour une vidéo de propagande anti-Chavista qui violait le propre code éthique du journal.

Jhanissa Vaca Daza Joanna Hausmann facebook
[17]

Liens vers les groupes de changement de régime financés par le gouvernement américain

La carrière de Jhanisse Daza n’a pas seulement reçu le soutien de HRF. Elle a également bénéficié d’autres groupes spécialisés dans les renversements de gouvernements avec l’appui de services occidentaux.

Lorsque la Fondation des droits de l’homme (HRF) a annoncé que Jhanisse Daza était l’une des bénéficiaires de  ses  » bourses de la liberté «  en 2019, l’organisation a noté que cette “opportunité pilote” était parrainée  par  CANVAS, le Center for Applied Non-Violent Action and Strategies.

CANVAS a également coparrainé le programme en ligne pour lequel Daza a reçu un diplôme de la Kennedy School de Harvard. Selon la littérature de la Kennedy School, les étudiants comme elle ont eu « une occasion systématique pour les leaders de niveau intermédiaire du mouvement social non-violent d’apprendre des expériences de leurs pairs et grâce à l’encadrement du corps enseignant de Harvard/CANVAS ».

Comme l’a rapporté The Grayzone, CANVAS avait été financé en grande partie par le National Endowment for Democracy, une extension de la CIA qui lui sert de couverture et qui fonctionne comme le principal levier du gouvernement américain pour promouvoir les renversements de gouvernements.

Selon les courriels internes de Stratfor, une firme de renseignement connue sous le nom de « CIA fantôme » [shadow CIA], CANVAS « aurait aussi reçu des fonds et une formation de la CIA pendant la lutte contre Milosevic de 1999/2000 ».

CANVAS est né du mouvement OTPOR [“Résistance” en serbe)]!, un groupe de jeunes militants soutenus par les États-Unis qui ont fait tomber [en 2000] le président serbe Slobodan Milosevic, pris pour cible par l’OTAN parce qu’il n’était pas suffisamment soumis à cette organisation

Un courriel envoyé par un membre du personnel de Stratfor se vante : « Les enfants qui dirigeaient OTPOR ont grandi, ont acheté des costumes et conçu CANVAS… ou, en d’autres termes, un groupe d’“exportation de revolution” qui a semé les graines pour un beaucoup de révolutions de couleurs. Ils sont toujours dépendants du financement américain et font le tour du monde pour tenter de renverser les dictateurs et les gouvernements autocratiques [ceux que les États-Unis n’aiment pas] ».

Stratfor a révélé que CANVAS s’est “tourné vers le Venezuela” en 2005, après avoir organisé des mouvements d’opposition qui ont mené des opérations de changement de gouvernements au profit de régimes pro-OTAN en Europe orientale. Parmi les personnes formées par CANVAS figuraient les dirigeants de la tentative de coup d’État du Venezuela au début de 2019, dont Juan Guaido et Leopoldo López, ainsi que des dizaines de personnalités associées au parti Volonté Populaire, soutenu par les États-Unis.

« Ils ont des compétences folles. Quand vous verrez des étudiants de cinq universités vénézuéliennes faire des démonstrations simultanées, vous saurez que la formation est terminée et que le vrai travail a commencé », a déclaré Stratfor au sujet des entraîneurs du CANVAS [18]

Soudain, le “vrai travail” des professionnels des renversements de gouvernements comme HRF et CANVAS s’est concentré sur la Bolivie, un gouvernement progressiste d’Amérique Latine qui n’avait pas encore affronté la hargne de Washington au même niveau que le Venezuela, le Nicaragua ou Cuba[19].

Or Jhanisse Daza est une allié directe de Srdja Popovic, directeur exécutif de CANVAS et ancien leader du groupe OTPOR qui a aidé, avec l’appui de l’occident, au renversement de l’état serbe. Il l’a promue sur son compte Twitter, accusant la Bolivie de « mauvaise gouvernance » et de « catastrophe environnementale»[20].

[21]

Leur relation remonte à plus loin. En mai 2018, la militante bolivienne anti-Morales avait posté une photo avec Popovic sur sa page publique Facebook, faisant remarquer : « Je suis au paradis en ce moment » [« I’m in heaven right now »] »[22].

Jhanissa Vaca Daza Srdja Popovic Facebook
[23]

Silence sur Bolsonaro, avertissements de violence contre Evo

Tout comme ses homologues dans d’autres pays ciblés par les États-Unis, Jhanisse Daza cache des ambitions cyniques de changement de régime avec un vernis de bonne volonté humanitaire, diffusant une préoccupation ostensible pour les peuples autochtones et autres groupes marginalisés.

Mais son implication douteuse selon laquelle Evo Morale, le premier président autochtone au monde, nourrirait secrètement un sentiment anti-indigène n’a pas trouvé de résonance chez les peuples en question. Les groupes autochtones de Bolivie ont largement soutenu la candidature de M. Morales au cours des trois dernières élections, et cet appui devrait se poursuivre au cours de la prochaine[24].



C’est pourquoi les efforts de Jhanisse Daza sont si cruciaux pour les manœuvres occidentales en cours visant à renverser les gouvernements progressistes en Amérique latine. En perpétuant un roman dans lequel les incendies dévastateurs dans tout le bassin amazonien seraient  en fait un sous-produit du socialisme, et non de l’expansionnisme capitaliste largement reconnu, même par les médias grand public, comme la source de la crise, Jhanisse Daza est capable de diaboliser simultanément les gouvernements progressistes et de donner l’absolution à l’extrême droite du gouvernement de Jair Bolsonaro du Brésil.

Ses patrons à la Fondation des droits de l’homme  (HRF) n’ont pas mentionné Bolsonaro une seule fois sur Twitter depuis que le démagogue brésilien d’extrême droite a pris le pouvoir. Malgré la condamnation quasi universelle de ses nombreuses remarques et politiques racistes, sexistes, xénophobes, anti-indigènes et homophobes à travers le monde, l’organisation a gardé le silence.

Il est clair que pour la fondation et pour les personnes bénéficiaires de ses “bourses pour la liberté”, les gouvernements de droite et d’extrême droite imposés de l’extérieur qui privatisent actuellement les richesses de l’Amérique Latine ne sont pas des gens qui violent les droits de l’homme et qu’il n’est pas utile d’en discuter.

Alors qu’elle fait l’éloge de son ONG “Rios de Pie pour « propager l’utilisation de la non-violence comme principale forme de protestation », Jhanisse Daza a averti sur le blog de Iyad al-Baghdadi [25] – un autre activiste du changement de régime promu par HRF – que « un mouvement citoyen ne peut garantir à lui tout seul que les Boliviens ne prendront pas de mesures plus radicales. La violence est un risque réel lorsque les gens considèrent que leur volonté est bafouée par des structures autoritaires » [26].

NOTES


[1]  « Western regime-change operatives launch campaign to blame Bolivia’s Evo Morales for Amazon fires », https://thegrayzone.com/2019/08/29/western-regime-change-operatives-launch-campaign-to-blame-bolivias-evo-morales-for-the-amazon-fires/.

Pour la version en espagnol, voir : https://thegrayzone.com/2019/09/04/golpistas-evo-morales-incendios-amazonia/

[2] https://i0.wp.com/thegrayzone.com/wp-content/uploads/2019/08/Jhanissa-Vaca-Daza-Evo-Morales-dictator.jpg?w=1388&ssl=1

[3]   Au Venezuela, le mot “guarimba” désigne une manifestation violente avec des actes de vandalisme,  l’usage de barricades et d’armes diverses (matraques, armes blanches, armes à feu, mortiers improvisés, roquettes, explosifs etc…).

[4]  Lors de la tentative de coup d’état au Nicaragua, l’extrême-droite anti-sandiniste a multiplié les barrages – “tranques” – où de nombreux citoyens furent  agressés, insultés, terrorisés et menacés de mort parce qu’ils étaient – ou semblaient être – liés au Sandinisme. Il y eut des cas de lynchages de policiers qui ne portaient même pas d’armes à feu. Des ambulances furent bloquées, entraînant la mort des malades transportés. Dans quelques “tranques”, des personnes furent séquestrées, et parfois même brûlées vives ou torturées à mort avant que leurs cadavres soient l’objet de macabres réjouissances (voir Jorge Capelán, « Una amenaza para nuestra nación ».[28-09-2018], http://barricada.com.ni/facebook-una-amenaza-para-nuestra-nacion/. Aram Arahonian, « Nicaragüita, y el triste papel de la izquierda regional » [30-07-2018, https://www.nodal.am/2018/07/abel-bohoslavsky-stella-calloni-y-atilio-boron-debaten-nicaragua/ Gonzalo Sánchez Martínez, «Nicaragua: la manipulación se cierne sobre Masaya » [19-07-2018], https://www.el19digital.com/articulos/ver/titulo:79228-nicaragua-la-manipulacion-mediatica-se-cierne-sobre-masaya

[5] https://i0.wp.com/thegrayzone.com/wp-content/uploads/2019/08/Screen-Shot-2019-08-29-at-5.37.32-PM.png?w=389&ssl=1

[6] https://twitter.com/RiosDePie/status/1166180433782030337

[7] USA, Canada, Union Européenne, Israël, Japon, Singapour, Corée du sud, Australie, Nouvelle Zélande. La Chine n’est pas concernée  par cette expression qui inclut néanmoins l’opposition de droite en Russie.

[8] https://i0.wp.com/thegrayzone.com/wp-content/uploads/2019/08/Screen-Shot-2019-08-29-at-5.37.04-PM.png?w=778&ssl=1

[9] TED (en anglais: Technology, Entertainment, Design) est une organisation nord-américaine à but prétendument non lucratif. TED organise des conférences annuelles qui abordent de façon éclectique des « sujets qui vaillent la peine d’être diffusées » : science, art, design, politique, éducation, culture, businness, affaires mondiales, technologie, développement;  divertissement. Parmi les conférenciers figurent Bill Clinton, Al Gore, Bill Gates, mais aussi des chanteurs à la mode ou des évangélistes comme  Billy Graham ou même des personnalités politiques considérées comme représentatives d’une certaine gauche (Yanis Varoufakis, par ex.). TED est actif au Quatar, au Québec, en France, en suisse… s’adresse principalement à l’élite mondiale du grand capital. L’accès à des conférences TEDx) coûte entre 6000 et 7500 dollars.

[10] Sous un paravent féministe, Jhanisse Vaca Daza reprenait comme en antienne le slogan éculé de la « lutte stratégique non violente » dont on vient de voir les terribles effets depuis le coup d’état. Pour faire passer la pillule de la désinformation impérialiste,  sa prestation, initulée “TEDx SantaCruzdela SierraWomen”, tenait du show publicitaire pour attirer la petite bourgeoisie bolivienne– les jeunes notamment – friande de modes nord-américaines (tea-shirt de luxe avec inscription « non c’est non », pantalon jeans troué au niveau des genoux etc. À quoi s’ajoutaient des projections sur écran de photos censées prouver la violence et la  cruauté des partisans d’Evo Morales.

[11 https://i0.wp.com/thegrayzone.com/wp-content/uploads/2019/08/Jhanissa-Vaca-Daza-Bolivia-TedX-Spanish-embassy.jpg?w=1690&ssl=1]

[12] https://i1.wp.com/thegrayzone.com/wp-content/uploads/2019/08/Jhanissa-Vaca-Daza-Harvard-Kennedy-School.jpg?w=1200&ssl=1

[13] https://twitter.com/JhanisseVDaza/status/812853983710543872

[14] L’Oslo Freedom Forum (OFF) désigne des conférences sur les droits de l’homme organisée par la Human Rights Foundation de Thor Halvorssen. L’OFF accueille prioritairement des personnalités liées à l’impérialisme Fondé par Thor Halvorssen, OFF est actuellement présidé par le « dissident  » russe Gary Ksparov, acien champion d’échec ayant viré vers des positions politiques fascisante. Ne cachant pas leurs rôles d’agents d’influence des USA, Kasparov et l’OFF suivent actuellement les directives de l’êtrême droite du Parti Démocrate US et se font les relais de sa campagne de dénigrement contre Donald Trump, accusé de « mollesse » pour ne pas intervenir suffisamment, du oint de vue militaire, aux frontières de la Russie, en Asie (Chine, Corées du Nor), en Iran et en Amérique latine (Cuba, Venezuela, Nicaragua, Bolivie, …). L’OFF est largement financée par de richissimes fondations tant nord-américaines que norvégiennes :  la John Templeton Foundation, la Thiel Foundation (Paypal, Facebook), Fritt Ord, Sundt AS etc. L’organisation a établi des partenariats avec  Amnisty International, Reporters sans Frontières, le Congrès mondial ouïghour et les militants pro US de Hong Kong qui tentent de séparer le territoire de la Chine et d’en revenir à l’ancien statut de colonie britannique (Voir l’intervention de J. Daza sur à ce sujet dans la video https://youtu.be/JIjVBUwpri8). Ce Davos des dissidents,” outre les habituels dissidents russes et chinois, a accueilli depuis sa fondation un panel de personnalités fortement impliquées dans les actions menées par la CIA et ses couvertures « droits-de-l’hommisme” et “humanitaires” (NED, ACILs, CIPE, IRI, NDI, fondation Georges Soros…) : Ingrid Betancourt, Lech Walesa, Sarah Ferguson la duchesse d’York),  Vaclav Havel, Elie Wiesel, les Pussy Riot, Aung San Suu Kyi….

[15] https://youtu.be/JIjVBUwpri8

[16] Voir également : Laura Kuenssberg, « Oslo Freedom Forum: Activists gather to share secrets of successful protest », https://www.bbc.com/news/world-europe-29708917

[17] https://i1.wp.com/thegrayzone.com/wp-content/uploads/2019/08/Jhanissa-Vaca-Daza-Joanna-Hausmann-facebook.jpg?w=1692&ssl=1

[18] « They’ve got mad skills, When you see students at five Venezuelan universities hold simultaneous demonstrations, you will know that the training is over and the real work has begun.” »

https://wikileaks.org/gifiles/docs/17/1792423_information-on-canvas-.html

[19] En réalité, La Bolivie, jusqu’au coup d’état d’octobre 2019 avait été la cible de nombreuses attaques des USA et de leurs alliés de l’Européenne, même si le degré de déstabilisation n’avait jusqu’alors pas eut la même intensité que celles organisées Cuba, le Nicaragua et le Venezuela/

[20] https://twitter.com/SrdjaPopovic/status/1165686680927580161

[21] https://twitter.com/SrdjaPopovic/status/1165686680927580161

[22] Sur la photo, Daza, tout sourire, est encadrée par Srdja Popovic et par un autre membre de CANVAS, le pasteur évangélique Evan Mawarire, un extrémiste religieux entièrement dévoué aux intérêts américains. Maware a joué un rôle important dans le renversement de Robert Mugabe, le président anti-impérialiste du Zimbabwe qui fut objet d’une véritable guerre médiatique et économique menée par l’ensemble des gouvernements occidentaux après qu’il eut exproprié au début des années 2000 la majorité des terres appartenant aux Blancs racistes de l’ancienne Rhodésie pour les redistribuer à la population noire. À la suite du Coup d’État de novembre 2017 qui a renversé Mugabe, le pays n’a cessé de plonger dans la misère (2,5 millions de Zimbabwéens touchés en 2019 par une famine dont les causes sont loin de se ramener au seul changement climatique comme le clament les médias occidentaux aux ordres).

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10216516799502077&set=p.10216516799502077&type=3&theater, archive disponible à http://archive.md/QYlyp

[23] https://i0.wp.com/thegrayzone.com/wp-content/uploads/2019/08/Jhanissa-Vaca-Daza-Srdja-Popovic-Facebook.jpg?w=1700&ssl=1

[24] « Sondage : Morales toujours favorites pour les élections présidentielles »[04-08-2019]. Réalisé par l’entreprise de sondage Mercados y Muestra, le graphique qui suit montre les intentions de votes en Bolivie pour les élections présidentielles d’octobre 2019 en fonction des origines ethniques de la population

(https://www.hispantv.com/noticias/bolivia/434673/morlaes-elecciones-intencion-voto). Comme on le constate, Evo Morales était crédité respectivement de 59%, 49% et 20% d’intention de votes chez les électorats Aymaras, Quehúas et Guaranís contre 12%, 19%%, 21% pour Carlos Mesa et 1%, 4%, 21% pour l’entrepreneur d’extrême droite Óscar Ortiz.

[25] https://arabtyrantmanual.com/evo-morales-and-the-authoritarian-betrayal-of-democracy/ [16-06-2019]. Iyad al­Baghdadi est ouvertement un agent d’influence des États-Unis pour le Moyen-Orient. Après avoir applaudi les massacreurs du peuple libyen et les assassins de Kadhafi et avoir fait une propagande acharnée en faveur des “révolutions de couleur” dans l’espace moyen oriental, il pousse actuellement à une intervention militaire occidentale en Iran. Prônant un « libertarianisme islamique » ( !), ce palestinien d’origine qui revendique un statut d’apatride est plus que discret sur le sort de ses compatriotes, si ce n’est quelque timides tweets pour regretter certaines extension territoriales en Cisjordanie (positions qui reprennent pour l’essentiel celles du Parti Démocrate nord-américain)

[26] « “One citizens movement alone cannot guarantee Bolivians will not take to more radical measures. Violence is a real risk when people find their will overturned by authoritarian structures. », Jhanisse Vaca-Daza, « Evo Morales and the Authoritarian Betrayal of Democracy », ibid., ttps://arabtyrantmanual.com/evo-morales-and-the-authoritarian-betrayal-of-democracy/. On ne saurait mieux dire que la “non violence” revendiquée par HRF et Jhanisse Daza n’est qu’une première étape destinée à déchaîner une violence fasciste.


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