William Serafino. Le coup qui est venu de l’extérieur : géopolitique et intervention en Bolivie [12-11-2019]. Trad. & Notes. D. Vives Simorra

 Texte original en espagnol : http://misionverdad.com/TRAMA-GLOBAL/los-factores-internacionales-detras-del-derrocamiento-de-evo

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Le ministre brésilien des Affaires étrangères Ernesto Araújo et son homologue américain Mike Pompeo se serrent la main lors d’une rencontre début 2019 (Photo : Bloomberg

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Il est incontestable que les figures de Luis Fernando Camacho et Carlos Mesa, ainsi que la violence et la répression policières et militaires qui les ont accompagnés lors du renversement d’Evo Morales, ont occupé l’essentiel de l’information. Cependant, une vision strictement locale pourrait nous empêcher de voir les flux de pressions internationales qui ont façonné de manière décisive le champ de bataille bolivien.

LE RÔLE DES ÉTATS-UNIS

L’OEA, et plus particulièrement Luis Almagro, ont été les déclencheurs du coup d’État qui s’est cristallisé le 10 novembre avec la démission forcée du président Evo Morales. Le rapport biaisé de l’organisation a avalisé la thèse de la “fraude” et a poussé à une haine acharnée contre le gouvernement en place. Sa portée a été si déterminante qu’ils est finalement devenu l’un des principaux instruments pour offrir un blindage institutionnel au changement de régime.

En tant que bras exécutif de la politique étrangère américaine en Amérique Latine, la participation d’Almagro est une preuve suffisante que Washington a été un acteur stratégique du coup d’État.

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Almagro donnant une interview depuis son bureau en 2016, l’année où il n’a pas pu obtenir un changement de régime au Venezuela (Photo : Miguel Álvarez)

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Mais Almagro n’est pas la seule figure qui révèle l’implication des États-Unis. D’autres acteurs qui, jusqu’à la fin du coup d’État, étaient à peine visibles, du moins dans le paysage médiatique, sont apparus ouvertement derrière le rideau dans leur rôle de lobbyistes de la subversion.

Tels est le cas des sénateurs nord-américains Marco Rubio, Bob Menendez et Ted Cruz, qui apparaissent dans une source audio que des fuites ont révélé : « ces trois noms qui sont mentionnés dans notre programme sont les clés qui gèrent les intérêts du peuple bolivien afin que justice lui soit rendue pour le vote du 21 février 2016 », avait déclaré le chef de l’opposition bolivienne, Manfred Reyes Villa, en se référant à un accord politique qui rendait possible différentes pressions américaines sur Evo Morales[1].

Ces aveux mettent à nu un type d’ingérence qui a consisté non seulement à faire du lobbying pour obtenir que plusieurs pays d’Amérique Latine apportent leur soutien aux dirigeants du coup d’État, mais aussi à mobiliser l’appareil de l’OEA et à conseiller directement les dirigeants politiques qui cherchent à déstabiliser le gouvernement d’Evo Morales.

Alors que la machine à fomenter le coup d’État était devenue pleinement opérationnelle et avait évolué vers une plus grande violence le 29 octobre, le secrétaire d’État Mike Pompeo déclara sur Twitter :

« Nous sommes profondément préoccupés par les irrégularités dans le processus de comptage des voix lors des élections du 20 octobre en Bolivie […]. Nous demandons à la Bolivie de rétablir l’intégrité électorale en procédant à un deuxième tour d’élections libres, équitables, transparentes et crédibles avec les deux principaux gagnants »[2].

Dans ses discours, Pompeo a ordonné à la politique étrangère des États-Unis de suivre une ligne clairement favorable au coup d’État : il fallait encourager le roman de la fraude en accusant le gouvernement d’Evo Morales d’être “antidémocratique” et de ne pas “permettre” au candidat à la Maison-Blanche, Carlos Mesa, de se présenter à un second tour auquel il n’avait pas droit compte tenu du résultat des élections.

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Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a aggravé le climat tendant à ignorer la victoire d’Evo Morales par ses déclarations (Photo : CNBC)

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La déclaration du chef de la diplomatie américaine a entraîné ses partenaires régionaux à tout faire pour qu’Evo Morales ne soit pas reconnu au moment de sa victoire. Ainsi a été généré un climat de désinformation politique et électorale, sur lequel Camacho et Mesa, quelques jours plus tard, joueront pour gonfler leurs revendications en travestissant ce qui était (et est toujours) un coup d’État en cours sous les couleurs d’“mouvement démocratique”.

Ces déclarations publiques et ces lobbies de l’ombre ont concrétisé la réalisation politique d’un projet d’intervention au moyen de manœuvres apparemment non violentes qui avait été dissimulées pendant des années. Bien qu’“officiellement” l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ait cessé d’opérer en Bolivie en 2013, ses lignes de financement aux secteurs de l’opposition, depuis 2002, visaient à renforcer le sécessionnisme et l’“autonomie régionale”[3]. Ceux-ci ont fourni le cadre historique et discursif qui réunit la partie la plus fascisante de la classe dirigeante bolivienne : celle-là même qui a mené à bien le coup d’État.

Ce financement, bien que stoppé par les instances régulières gouvernementales en 2013[4] (l’ambassade a sans doute pu continuer le travail clandestinement) avec l’expulsion de l’USAID par le Président Evo Morales, a servi à conseiller, former et renforcer logistiquement les leaders du coup d’Etat qui, ayant été vaincus en 2008, allaient chercher une vengeance meurtrière une décennie plus tard.

Le dernier budget annuel reconnu par l’USAID (en 2011) était de 26,1 millions de dollars. Il s’ajoute à près de deux décennies de financement et aura permis d’alimenter la caisse du coup d’État de 2019 et de subventionner des opposants armés bien entraînés.

Cependant, l’USAID reconnaît dans ses rapports publics que jusqu’en 2013, son approche empruntait d’autres voies, beaucoup plus douces. Le Programme de développement durable et environnemental ainsi que d’autres programmes visant à « renforcer la démocratie », avaient pour objectif de constituer une masse critique qui, au moment opportun, pourrait être utilisée pour criminaliser le gouvernement d’Evo Morales pour avoir nationalisé des ressources naturelles et des terres privatisées

L’année dernière, le président Evo Morales avait déclaré au sujet du Chargé d’Affaires : « Maintenant, je vois que ce nouveau Chargé d’Affaires se mêle de conspirer, encore une fois. Nous allons attendre un peu mais nous avons le droit souverain de décider ce que nous ferons en ce qui le concerne ». « Ne conspirez pas », avait-il conclut.

Les remous provoqués par les déclarations intrusives de ce fonctionnaire sont restées jusqu’à ce point dans le registre des médias, cependant, à la lumière de la consommation du coup d’État, son rôle actif ne peut être exclu.

Un moment décisif pour le coup d’état a été l’incendie de La Chiquitania : un événement qui a été le coup d’envoi pour les ONG environnementales formées par l’USAID pour fabriquer le premier  » soulèvement  » (soutenu par une logique écologiste) contre Evo Morales dès septembre-octobre[5]. Cette construction soigneusement fabriquées comme en laboratoire avait commencé au moment des incendies. Le 29 août exactement, l’USAID a fait un retour soudain (et illégal) à Santa Cruz où il a été reçu par les autorités de la province pour, en théorie, collaborer à l’atténuation des incendies. Nous savons maintenant que l’USAID qui a donné des conseils pour le coup d’État et qui a commencé comme toujours à Santa Cruz, ont été directs et manifestes.

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En 2013, le président Evo Morales a officiellement expulsé l’USAID de Bolivie (Photo : Prensa Libre)

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Mais au financement de l’USAID s’est ajouté celui de la National Endowment for Democracy (NED), comme c’est presque toujours le cas. Cet instrument de la politique étrangère américaine prétend ouvertement, pour la seule année 2018, avoir déboursé des ressources de près d’un million de dollars au profit de projets “civils” et d’ONG dont l’implication dans le coup d’Etat ne peut être dissimulé.

Parmi l’éventail des lignes de financement [destinées à l’opposition], celles de la Fondation du Millénaire , de l’Institut républicain international (IRI) et du Centre pour l’Entreprise Privée Internationale (CIPE)[6] se distinguent, avec un total de près d’un demi-million de dollars. Ces trois vitrines ont pour objectif commun de « tenir les candidats et les autorités électorales responsables des pratiques de campagne et de vote justes et transparentes », de soutenir le « secteur privé bolivien » et de promouvoir les « réformes électorales »[7]. Tous ces sujets faisaient partie des plans et des discours destinés la préparation du coup d’État.

Tous ces organismes adoptent la même couverture que celle qui figure dans la charte fondatrice de la NED : fournir des fonds à des groupes étrangers travaillant pour les “droits de l’homme”, aux “ médias indépendants” de ces pays ainsi qu’à une foultitude de think tanks, d’ONGs, et d’“initiatives émanant de la société civile”. Selon ces groupes, il irait de soi qu’ils ne recevraient de l’argent que de généreux donateurs particuliers et non du gouvernement américain (!).

Tel furent les points de départ du coup d’État “en douceur”. Ils confirment le rôle des États-Unis dans la phase de sa préparation, dans sa mise en pratique ultérieure et, finalement, dans sa consécration “diplomatique”. Ce qui devait venir ensuite était un soutien total à la persécution contre le gouvernement d’Evo Morales [par l’opposition].

Suite au rapport d’audit de l’OEA qui a avalisé la fraude, le Secrétaire adjoint par intérim du Bureau des affaires de l’Hémisphère Occidental du Département d’État des États-Unis, [c.àd.du continent américain] Michael Kozak, a déclaré:

« Nous appuyons la convocation de nouvelles élections et la mise en place d’un Tribunal électoral suprême représentatif et crédible. Toutes les personnes impliquées dans le processus défectueux devraient démissionner »[8]

Cette fable mensongère – qui coïncide parfaitement avec celles de Carlos Mesa et Luis Ferando Camacho – fut plus tard reprise par Mike Pompeo, qui déclara:

« nous appuyons pleinement les conclusions du rapport de l’OEA qui recommande de nouvelles élections en Bolivie pour garantir un processus véritablement démocratique et représentatif de la volonté du peuple. La crédibilité du système électoral doit être restaurée »[9].

Plus tard, un communiqué officiel de l’administration Trump allait renforcer le coup d’État en le présentant comme « un moment important pour la démocratie dans l’hémisphère occidental », faisant référence à la démission forcée du président Evo Morales. Il applaudissait « l’armée bolivienne pour avoir respecté son serment de protéger non seulement une personne, mais la constitution bolivienne » [10], justifiant ainsi la répression sauvage qui allait suivre[11].

Enfin, la déclaration officielle de Washington réorientait la charge de son discours et de sa symbolique à propos du coup d’état en Bolivie vers un autre objectif stratégique, le Venezuela, en annonçant de nouvelles manifestations violentes dans ce pays pour tenter encore une fois de renverser le “régime”. Ce communiqué officiel avouait ouvertement que le renversement d’Evo avait une portée géopolitique et comportait un prolongement anti-vénézuélien :

« Ces événements envoient un signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua : la démocratie et la volonté du peuple prévaudront toujours. Nous avons fait maintenant un pas de plus vers un hémisphère occidental complètement démocratique, prospère et libre »[12].

LE FACTEUR BRÉSILIEN : LE GAZ ET UNE RÉUNION QUI DIT TOUT

Selon le magazine brésilien Forum, le président du Comité civique de Santa Cruz, Luis Fernando Camacho, « a été reçu en mai par Ernesto Araújo, le chancelier de Jair Bolsonaro, pour discuter de la Bolivie. »[13]

L’entretien eut lieu en mai 2019 et il est logique d’en déduire qu’une grande partie de ce qui fut discuté avait trait au changement de “régime”. Pour s’en convaincre, on citera le résumé de la rencontre tel que l’a donné Camacho, le leader du coup d’Etat, après sa réunion avec Araujo,

« Nous avons obtenu l’engagement personnel et gouvernemental du ministre des Affaires étrangères brésilien Ernesto Fraga Araújo que son pays, en tant que garant de la Constitution politique de l’État Bolivien (CPE), consulte la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) sur l’interprétation de la convention traitant de la possibilité de réélection indéfinie [à une fonction présidentielle ou à d’autres hautes fonctions]. Lors de cette réunion, le ministre des affaires étrangères a donné immédiatement des instructions pour effectuer cette consultation » [14]

Mais l’engagement évoqué par Camacho allait au-delà d’une alliance avec le gouvernement Bolsonaro pour délégitimer le triomphe assuré qu’aurait Evo Morales le 20 octobre.

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Le ministre brésilien des Affaires étrangères Ernesto Aráujo rencontre le chef du coup d’État bolivien Luis Camacho (Photo : Twitter)

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Le journal bolivien El Periódico a publié une série d’enregistrement audios montrant le soutien du gouvernement Bolsonaro aux leaders du coup d’Etat. Manfred Reyes Villa, le chef de l’opposition bolivienne qui réside aux États-Unis, a révélé qu’un « homme de confiance » de Bolsonaro conseillait l’un des candidats à la présidence, très probablement Carlos Mesa[15].

Les documents audios reflètent également l’orchestration du coup d’Etat en général, la préparation d’un « soulèvement policier et militaire », l’invalidation du résultat électoral du premier tour par des mesures de force, et le siège de sièges diplomatiques comme celui du Venezuela[16].

Si les intérêts des États-Unis dans le coup d’État en Bolivie sont géopolitiques, ceux du Brésil sont géostratégiques et énergétiques. Sa principale compagnie pétrolière, Petróleo Brasileiro S.A (Petrobras), a toujours eu une participation dominante dans les réserves de gaz de la Bolivie, une réalité qui a changé à la suite de la restructuration de sa filiale en Bolivie.

À la suite des bouleversements du coup d’État, Petrobras a considérablement réduit ses importations de gaz bolivien, tandis que le Conseil d’administration de la défense économique du Brésil (CADE) a enlevé à Petrobras le contrôle du gazoduc stratégique Brésil-Bolivie, en attendant que des décisions sont prises sur la façon dont il sera géré[17].

En toile de fond de ces négociations, qui vont dans des directions différentes, se joue une lutte pour définir le prix du gaz que la Bolivie fournit au Brésil.

Selon l’agence Argus Media, « le Brésil est maintenant inondé de gaz “pré-sel”», tandis que l’Argentine développe d’énormes réserves de gaz de schiste, laissant à la Bolivie des marchés plus étroits étant donné qu’il s’agit d’un pays enclavé, sans accès aux océans[18].

Le fait que ces facteurs commerciaux et énergétiques soient étroitement liés au coup d’État indique qu’il y a eu des pressions du côté des entreprises. Le coup d’État contre Evo a plongé la Bolivie dans une instabilité totale, donnant aux capitalistes brésiliens l’occasion de s’approprier les quotas d’exportation de gaz naturel de la Bolivie.

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Les réserves de lithium de la Bolivie sont estimées à 21 millions de tonnes, les plus importantes du monde (Photo : Energy Press)

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La faiblesse dans laquelle le coup d’état a laissé l’État bolivien, et la classe réactionnaire qui assume le pouvoir de facto dans un style très similaire à celui de Bolsonaro, donnent au capital brésilien un avantage pour repousser son concurrent bolivien, maintenant affaibli pour affirmer l’autorité publique sur une importante réserve de gaz au sein du marché énergétique.

Le journal La República du Pérou[19] souligne qu’avec la chute d’Evo, de nombreux grands projets binationaux vont sûrement s’arrêter :   une réalité qui se reproduira à l’échelle sud-américaine. Avec l’arrivée du Movimiento al Socialismo (MAS) au pouvoir, la Bolivie s’était transformée en une plate-forme énergétique d’importance mondiale (grâce aux réserves stratégiques de gaz et de lithium), avec d’énormes possibilités pour concentrer et développer une influence géopolitique et énergétique ayant une projection sur l’Amazonie. Ce qui faisait hurler le Brésil et les États-Unis.

La géopolitique détermine la politique et l’intérêt de réduire la Bolivie à une position énergétique marginale, étouffant son développement en tant que pôle de pouvoir, a permis de forger l’accord entre les secteurs économiques et autorités gouvernementales à Brasilia et à Washington pour soutenir le coup si ouvertement. La manœuvre à l’échelle géostratégique pourrait d’ailleurs aboutir à ce que le Brésil remplace la Bolivie comme premier fournisseur de gaz naturel de l’Argentine, qui aura bientôt un gouvernement progressiste situé à l’extrême opposé idéologique et politique de Bolsonaro. Une bonne façon pour le Brésil de marquer sa présence et sa domination dans les futures relations bilatérales.

En ce qui concerne le gaz, un autre événement important s’est produit. Cinq jours avant l’élection, « l’entreprise publique bolivienne Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos (YPFB) et la firme russe AVRON avaient convenu de créer une co-entreprise pour commercialiser sur le territoire brésilien des engrais produits à partir du gaz naturel dans des usines leur appartenant en Bolivie et au Brésil », selon l’agence de presse Spoutnik[20].

Quelques jours avant qu’Evo ne remporte les élections, cet accord a constitué une autre motivation géopolitique pour le coup d’État.

La version brésilienne de la déclaration américaine selon laquelle il n’y a pas eu de coup d’État, figure également dans un tweet d’Ernesto Aráujo affirmant que l’expression “coup d’état” n’était autre qu’une “affabulation de la gauche. Cela dit, outre sa rencontre avec Luis Fernando Camacho, d’autres preuves encore plus probantes peuvent être nécessaires pour déduire son implication dans le coup d’état.

L’ARGENTINE, LA CHINE, LA COURSE AU LITHIUM ET UN DÉNOUEMENT

Il est bien connu que la Bolivie concentre les plus grandes réserves de lithium au monde, ce qu’on appelle “l’or blanc” qui représente la matière première de l’industrie mondiale rendue folle par le marché des produits technologiques, aérospatiaux et numériques.

Il existait une dynamique de coïncidences pas du tout fortuites entre le traitement timide du gouvernement Macri sortant (il n’a pas qualifié le coup d’État en Bolivie en tant que tel) et la nécessité stratégique pour son gouvernement de battre à la course la Bolivie afin de devenir le premier producteur de lithium dans les prochaines années[21].

Le gouvernement argentin de Macri a accéléré la production de ce minéral, attirant ces dernières années des investissements de capitaux occidentaux, étroitement liés au Canada et aux États-Unis, puisque le pouvoir de l’État sur le contrôle de ce minéral a été réduit.

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L’industrialisation du lithium à Oruro est la priorité numéro un dans les relations entre la Chine et la Bolivie (Photo : Money.com)

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Vu sous cet angle, il est très facile à comprendre que le coup d’État en Bolivie, la fragmentation de son État et le refus des putschistes à exercer un contrôle gouvernemental sur les ressources naturelles, aboutisse à ce que d’un point de vue géopolitique le capital occidental essaiera d’assumer le leadership de la production de lithium depuis l’Argentine[22].

Un autre aspect est lié à cette dynamique de pressions qui, bien que s’exprimant au niveau diplomatique, plonge ses racines dans le “monde des affaires” » dont le rôle est décisif mais toujours voilé. Le 6 février de cette année, la Chine a investi 2,3 milliards de dollars dans la production de lithium bolivien. Lors de la signature de l’accord, l’ambassadeur chinois a déclaré : « C’est un jour historique car après cette signature, nous établirons cette alliance stratégique dans l’industrialisation du lithium. La Chine sera le plus grand producteur de véhicules et le plus grand consommateur de lithium, et la Bolivie le plus grand pays avec des réserves de lithium  »[23]

L’accord signé entre la Bolivie d’Evo Morales et le consortium chinois Xinjiang TBEA Group-Baocheng visait à industrialiser les mines des salines de Coipasa et Pastos Grandes à Oruro et Potosi, deux départements dont Luis Fernando Camacho, le leader du coup d’Etat depuis Santa Cruz, a pris le contrôle à la manière de fortifications pour encercler le pays, déployant une vague de violence et de persécution dantesque contre les partisans du MAS[24].

L’un des facteurs du coup d’Etat en Bolivie a été celui d’une Chine qui se projette vers l’extérieur. Cette idée est très présente dans les discours et les stratégies de sécurité nationale des États-Unis qui y voient une source de défi géopolitique destinée à croître. Le changement de régime en Bolivie pourrait être ainsi, une forme intermédiaire de l’artillerie que l’administration Trump utilise dans sa guerre pour le contrôle du commerce et des ressources qu’elle mène contre la Chine, le coup d’État ayant pour but d’assécher une ligne d’approvisionnement en lithium sûre et fiable vers le géant asiatique.

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Le gazoduc Bolivie-Brésil est l’une des principales voies d’acheminement du gaz bolivien vers le pays voisin (Photo : página 7)

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Une triade de pouvoirs et de sous-pouvoirs régionaux (USA, OEA, Extrême droite bolivienne) a fonctionné de façon synchrone pour renverser Evo Morales. L’ensemble des privatisations et des démantèlements de l’État qui a guidé la pensée politique des groupes qui furent à l’avant-garde du coup d’État l’a rendu encore plus nécessaire.

Encore une fois, c’est du pouvoir de l’argent que sont venues les pressions qui ont défini l’image globale du coup d’état, où Luis Fernando Camacho n’a été que l’employé d’une machinerie de corporations et de centres de pouvoir.

NOTES

  1. « Revelan audios que ligan a la oposición y a EU en la asonada » [« Des documents audios reliant l’opposition et les États-Unis dans le soulèvement ont été révélés»], https://www.jornada.com.mx/ultimas/politica/2019/11/12/revelan-audios-que-ligan-a-la-oposicion-y-a-eu-en-la-asonada-6709.html.
    Voir également : https://bbackdoors.wordpress.com/2019/10/08/us-hands-against-bolivia-part-i/
    https://bbackdoors.wordpress.com/2019/10/10/us-hands-against-bolivia-part-ii-media-strategy/
    https://libya360.wordpress.com/2019/11/04/bolivia-audios-confirm-attempted-coup-detat/
  2. « Secretary Pompeo » -@SecPompeo : « We are deeply concerned over irregularities in the vote-counting process of #Bolivia’s Oct 20 elections. We call on #Bolivia to restore electoral integrity by proceeding to a 2nd round of free, fair, transparent, & credible elections with the top two vote winners », 13:15-27 oct. 2019 », https://twitter.com/SecPompeo/status/1188549696106749952
  3. « Des documents récemment déclassifiés obtenus par les enquêteurs Jeremy Bigwood et Eva Golinger révèlent que l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a investi plus de 97 millions de dollars dans des projets de “décentralisation” et d’“autonomie régionale” et dans des partis politiques d’opposition en Bolivie depuis 2002, montrant que l’USAID a financé et fomenté des projets séparatistes promus par des gouvernements régionaux dans l’est de la Bolivie. », Eva Golinger, « USAID’s Silent Invasion in Bolivia » [« L’invasion silencieuse de l’USAID en Bolivie »], 20-05-2009, https://nacla.org/news/usaids-silent-invasion-bolivia. Version en espagnol : « Invasión Silenciosa de USAID en Bolivia », https://cia.bo/invasion-silenciosa-usaid-en-bolivia/.
    L’opération connut un début d’accomplissement en 2008 lorsque l’opposition qui dominait les provinces riches du sud et sud-est de la Bolivie (départements de Santa Cruz, Beni, Pando, Tarija, Chuquisaca) tentèrent vainement de réaliser une aventure sécessionniste qui aurait littéralement coupé le pays en deux. À la suite de quoi, le gouvernement d’Evo Morales déclara persona non grata l’ambassadeur US en Bolivie.
  4. Le 1er mai 2013, le gouvernement d’Evo Morales avait décidé l’expulsion de l’USAID dont l’action obéissait à « des objectifs politiques et non à des objectifs sociaux en conspirant contre le peuple, et particulièrement contre le gouvernement national » (E. Morales). Pour les mêmes motifs, la Bolivie avait déjà expulsé en 2008 l’ambassadeur des États-Unis et la Drug Enforcement Administration, l’agence anti-drogue américaine. Il est aujourd’hui avéré que L’USAID n’est qu’une “couverture” du Département d’Etat et des services secrets US agissant sous des prétextes prétendument humanitaires. Elle a mené, sans grands succès, des actions d’espionnage et de déstabilisations en Russie jusqu’à son expulsion en 2012. Déjà, dès octobre 2009, sous l’administration Obama, un projet supervisé par l’USAID avait envoyé à Cuba des jeunes vénézuéliens, costariciens et péruviens dans le but de susciter des “révolutions de couleurs” comme celles qui eurent lieu au début des années 2000 (Serbie, Géorgie, Ukraine, Kirghizistan, Biélorussie, Liban …). Ces jeunes gens travaillant sous des couvertures touristiques, humanitaires et même sanitaires – formation d’“ateliers de prévention du VIH” ! – parcouraient le pays afin de recruter d’éventuels opposants et leur donner une formation de militants politiques pro-US. L’opération échoua lamentablement, les autorités cubaines ayant immédiatement pris des mesures pour interdire ces grotesques tentatives d’ingérence de l’impérialisme dans l’île.
  5. Déjà, en août 2011, le gouvernement avait décidé l’ouverture d’une route à travers le territoire de TIPNIS (Territoire indigène et parc national Isiboro-Sécure), à l’est de La Paz, au pied de l’altiplano qui couvre plus d’un million d’hectares de forêts et où vivent environ 12 000 personnes de trois groupes autochtones différents regroupés dans 64 communautés. Cette décision fut durement critiquée par une minorité des communautés autochtones du TIPNIS (20 sur 64). Néanmoins le projet était manifestement une erreur qu’Evo Morales annula rapidement dès le 21 octobre 2011. Elle n’en donna pas moins le signal d’une première tentative de renversement du président légitime, bien que celui-ci ait accordé en 2009 à la région de TIPNIS le statut de territoire autochtone. Une multitude d’ONG, think tanks, mouvements écologistes et diverses officines se précipitèrent pour participer à la curée. Parmi ceux-ci, citons le Centro para la Democracia, Avaaz ou encore Amazon Watch, toutes financées en grande partie par le gouvernement américain (Fondation Rockefeller, Fondation David et Lucile Packard, Fondation Ford et Soros…). Infiltrée par l’USAID, une Confédération des peuples indigènes de l’Est de la Bolivie (Confederación de Pueblos Indígenas del Oriente Boliviano, CIDOB), fut également très active dans l’organisation des protestations. Ignorant ou feignant d’ignorer son rôle dans les plans de déstabilisations du gouvernement Morales, elle fut portée au pinacle par nombre d’ONG écologistes occidentales. Ceci bien que l’USAID ait été en relation étroite avec la CIDOB et que sur le site Internet de cette dernière, son président, Adolfo Chavez, se soit vantée d’avoir bénéficié de financements et de programmes de formation de (voir :  http://links.org.au/node/.).

    Visiblement orchestrée depuis Washington, la campagne fut menée tambours battants par des “médias alternatifs” anglo-saxons dont certains affichent pourtant des options plus ou moins progressistes : UpsideDownWorld, NACLA, In These Times, ROAR, CommonDreams, Intercontinentalcry, Jacobin, WagingNonViolence, Alternet, MintPressNews, Real News Network…. Les mouvements écologistes français ne sont pas restés en reste, avec des groupes comme Sauvons la Forêt, de nombreux organes de presse (Médiapart, notamment) et même des partis politiques, tels les trotskistes du NPA. Tous ces groupes dénoncèrent aussi la répression policière contre les protestataires, tout en censurant soigneusement qu’Evo Morales a condamné ces agissements, déclarant qu’il n’avait jamais donné d’ordre en ce sens et qu’il sanctionnerait durement tout nouveau comportement violent des forces de l’ordre http://noticiasdesdebolivia.blogspot.com/2011/09/bolivia-informa-martes-27-septiembre.html).
    Étant donné le rôle joué par la police bolivienne dans le coup d’état d’octobre 2019, il est plus que probable que celle-ci ait joué un rôle très trouble dans les événements de TIPNIS, l’usage des exactgions policières à l’insu du gouvernement ayant pour objectif de discréditer Evo Morales auprès des populations indigènes, voire même dans les rangs de ses propres partisans.

  6. La Fondation du Millénaire pour les financements innovants pour la santé (Millennium Foundation for Innovative Finance for Health) est une ONG et un think tank suisse néolibéral qui a toujours été proche de la droite bolivienne. Elle est financée par le National Endowment for Democracy (NED) américain.

    L’International Republican Institute (IRI) est un organisme néoconservateur lié au Parti Républicain. Il est subventionné par l’administration américaine et le Congrès US via des fonds attribués par l’United States Agency for International Development (USAID), la National Endowment for Democracy (NED). Son homologue démocrate est le National Democratic Institute for International Affairs (NDI), et la Freedom House (FH)

    Le Centre international de l’entreprise privée (Centre for International Private EnterpriseCIPE – a été fondé par la Chambre de commerce des États-Unis en 1983, elle finance la NED au même titre que plusieurs société multinationales américaines, telles que Chevron, Coca-Cola, Goldman Sachs, Google, Microsoft,

  7. « To hold candidates and electoral authorities accountable for fair and transparent campaign and voting practices […], to foster private sector […], to promote electoral reforms », https://www.ned.org/region/latin-america-and-caribbean/bolivia-2018/ »
  8. « We support the call for new elections & a credible, representative Electoral Supreme Court (TSE). All those implicated in the flawed process should step down. », https://bo.usembassy.gov/tag/bolivian-election-2019/
  9. « Fully support the findings of the @OAS_official report recommending new elections in #Bolivia to ensure a truly democratic process representative of the people’s will. The credibility of the electoral system must be restored »

    https://twitter.com/SecPompeo/status/1193600452849475584

  10. [Statement from President Donald J. Trump Regarding the Resignation of Bolivian President Evo Morales. Issued on: November 11, 2019. « The resignation yesterday of Bolivian President Evo Morales is a significant moment for democracy in the Western Hemisphere. After nearly 14 years and his recent attempt to override the Bolivian constitution and the will of the people, Morales’s departure preserves democracy and paves the way for the Bolivian people to have their voices heard. The United States applauds the Bolivian people for demanding freedom and the Bolivian military for abiding by its oath to protect not just a single person, but Bolivia’s constitution. », https://www.whitehouse.gov/briefings-statements/statement-president-donald-j-trump-regarding-resignation-bolivian-president-evo-morales/

    [Déclaration du Président Donald J. Trump concernant la démission du Président bolivien Evo Morales. Publiée lee 11 novembre 2019: «La démission hier du président bolivien Evo Morales est un moment important pour la démocratie dans l’hémisphère occidental. Après près de 14 ans et sa récente tentative de passer outre à la constitution bolivienne et à la volonté du peuple, le départ de Morales préserve la démocratie et ouvre la voie au peuple bolivien pour qu’il puisse faire entendre sa voix. Les États-Unis applaudissent le peuple bolivien qui exige la liberté et l’armée bolivienne qui respecte son serment de protéger non seulement une seule personne, mais la constitution bolivienne.  », trad. D.V.S.].

  11. Le coup d’état a été suivi de plusieurs massacres d’indigènes aymaras ou quechuas et de partisans d’Evo Morales qui eurent lieu du 15 au 17 novembre à El Alto, la ville la plus haute du monde (altitude 4150 m) dans la banlieue ouest de La Paz, puis à Sacaba dans le département de Cochabamba et de nouveau à El Alto, près de la raffinerie de Senkata. Au début décembre 2019, le bilan des assassinats commis par les militants fascistes de Camacho, par la police et par l’armée s’élevait déjà à 34 morts, plus de 830 blessés graves, avec un nombre indéterminé d’arrestations et même de “disparitions”. Depuis, la censure qui s’est abattue sur le pays interdit tout nouveau bilan.
    Il est à noter que la presse, notamment française, a diffusé depuis cette période des centaines de “reportages” sur les heurts à Hong-Kong entre la police et les manifestants pro-nord-américains, des affrontements qui ne se sont soldé par aucune victime. Dans le même temps, et depuis lors, ces mêmes médias-aux-ordres – qualifiés à juste titre de “médias-mensonges” par Michel Collon – ont recouvert d’une chape de plomb toute information en provenance de la Bolivie. Il en a été de même, à quelques exceptions près, pour la terrible répression qui s’exerce contre les manifestants au Chili en lutte contre la politique néolibérale de Sebastián Piñera (plus de 25 morts et 2800 blessés par armes à feu ou tirs de LBD, analogues à ceux utilisé contre les Gilets Jaunes et les grévistes en France !).
  12. These events send a strong signal to the illegitimate regimes in Venezuela and Nicaragua that democracy and the will of the people will always prevail. We are now one step closer to a completely democratic, prosperous, and free Western Hemisphere », op.cit.:  https://www.whitehouse.gov/briefings-statements/statement-president-donald-j-trump-regarding-resignation-bolivian-president-evo-morales/↑
  13. « […Camacho] foi recebido por Ernesto Araújo, chanceler de Jair Bolsonaro, em maio para tratar sobre a Bolívia », « Golpista boliviano que se reuniu com Ernesto Araújo manda prender Evo Morales » [« « Le putschiste bolivien qui avait rencontré Ernesto Araújo demande l’arrestation d’Evo Morales »], https://revistaforum.com.br/global/golpista-boliviano-que-se-reuniu-com-ernesto-araujo-manda-prender-evo-morales/
  14. Lors de cette rencontre, Camacho a joué sur un imbroglio constitutionnel en se basant sur l’article 168 de la Constitución Política del Estado de Bolivia (CPE)  qui fixe à 5 ans les mandats pour la présidence et la vice-présidence de l’État, avec une seule possibilité de réélections « de manière continue », c.-à-d. consécutives. Mais sa position était constitutionnellement bien fragile. En effet, cette même CPE dans son l’article 256 § I mentionne que la Convention Américaine relative aux Droits de l’Homme (CADH) a priorité légale sur la CPE bolivienne : « Les traités et instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme qui ont été signés, ratifiés ou auxquels l’État a adhéré et qui déclarent des droits plus favorables à ceux qui figurent dans la Constitution sont appliqués de manière préférentielle ». Or l’article 23 de la CADH adoptée en novembre 1969 à San José (Costa Rica), affirme que « tous les citoyens doivent jouir des droits et facultés […] d’élire et d’être élus dans le cadre de consultations périodiques authentiques, tenues au suffrage universel et égal, et par scrutin secret garantissant la libre expression de la volonté des électeurs » (chapitre II, article 23, 1 b.). Cet article du texte de 1969 n’évoque nulle part une limitation des candidatures présidentielles. Il précise seulement que la loi des différents pays signataires peut déroger à ce droit « exclusivement pour des motifs d’âge, de nationalité, de résidence, de langue, de capacité de lire et d’écrire, de capacité civile ou mentale, ou dans le cas d’une condamnation au criminel prononcée par un juge compétent » (II, 23, 2).
    Voir : https://web.archive.org/web/20171024044028if_/http://www.presidencia.gob.bo/documentos/publicaciones/constitucion.pdf,

    https://dictionnaire-droit-humanitaire.org/m/filer_public/26/d2/26d23c41-f62f-4884-a1dc-820c97c0a127/convention_americaine_relative_aux_droits_de_lhomme.pdf

  15. « “Homem de confiança de Jair Bolsonaro” é citado em áudio de opositores que tentam golpe contra Evo na Bolívia» [Un homme de confiance de Jair Bolsonaro » est cité dans un enregistrement audio par les opposants qui tentent un coup d’état contre Evo en Bolivie], https://revistaforum.com.br/global/homem-de-confianca-de-jair-bolsonaro-e-citado-em-audio-de-opositores-que-tentam-golpe-contra-evo-na-bolivia/
  16. « Bolivia: filtran audios de líderes opositores llamando a un golpe de estado contra Evo Morales » [« Bolivie : les dirigeants de l’opposition divulguent des documents audio appelant à un coup d’Etat contre Evo Morales »], https://elperiodicocr.com/bolivia-filtran-audios-de-lideres-opositores-llamando-a-un-golpe-de-estado-contra-evo-morales/
  17. « Petrobras reducirá importación de gas boliviano, pero lo considera imprescindible » [« Petrobras va réduire les importations de gaz bolivien, mais considère qu’il est essentiel »], https://www.lostiempos.com/actualidad/economia/20190802/petrobras-reducira-importacion-gas-boliviano-pero-considera – « Petrobras debe dejar el control del gasoducto Bolivia-Brasil » [« Petrobras doit renoncer au contrôle du gazoduc Bolivie-Brésil »], https://www.lostiempos.com/actualidad/economia/20190708/petrobras-debe-dejar-control-del-gasoducto-bolivia-brasil
  18. « Bolivia’s gas, lithium fate hinges on post-Evo path » [« Le destin de la Bolivie en matière de gaz et de lithium dépend du tournant qu’elle prendra après Evo »]

    https://www.argusmedia.com/en/news/2013052-bolivias-gas-lithium-fate-hinges-on-postevo-path.

    Au Brésil, depuis 2018, le pétrole et le gaz issus de gisements pré-salifères («pre-sal» en portugais du Brésil) constitue plus de 50% de la totalité des hydrocarbures produits dans d’autres types de gisements. Les gisements “pre-sal” sont situés dans les grandes profondeurs marines et sont recouverts par d’épaisses couches de sel. Leur énorme potentiel énergétique attire de plus en plus les entreprise pétrolières majors, en dépit de grandes difficultés techniques et de l’obligation d’y consacrer de forts investissements. Voir :
    https://www.lemondedelenergie.com/petrole-bresil-hausse/2018/02/01/).

  19. « Proyectos binacionales truncados por crisis en Bolivia » [« Des projets binationaux interrompus par la crise en Bolivie »], https://larepublica.pe/sociedad/2019/11/12/moquegua-proyectos-binacionales-truncados-por-crisis-en-bolivia-lrsd/
  20. « YPFB de Bolivia y Acron de Rusia crean empresa para comercializar fertilizantes en Brasil » [« YPFB de Bolivie et Acron de Russie créent une société pour commercialiser des engrais au Brésil »], https://mundo.sputniknews.com/america-latina/201910151088990176-ypfb-de-bolivia-y-acron-de-rusia-crean-empresa-para-comercializar-fertilizantes-en-brasil/. Voir aussi : « Bolivia y Rusia crean empresa. La estatal boliviana de gas YPFP crea una empresa con la rusa Acron. » [« La Bolivie et la Russie créent une société. La société gazière d’Etat bolivienne YPFP crée une société avec le russe Acron »], https://www.expreso.com.pe/economia/bolivia-y-rusia-crean-empresa/
  21. « Argentina y Bolivia, una relación marcada por el gas y el litio (Energía y minería y la competencia de recursos primarios pueden determinar la relación comercial futura entre estos países) » [« Argentine et Bolivie, une relation marquée par le gaz et le lithium (L’énergie et l’exploitation minière et la concurrence des ressources primaires peuvent déterminer la future relation commerciale entre ces pays »], https://www.cronista.com/economiapolitica/Argentina-y-Bolivia-una-relacion-marcada-por-el-gas-y-el-litio-20191111-0036.html
  22. Face au gouvernement d’Evo Morales soucieux de ne pas perdre le contrôle sur ses richesses naturelles, notamment le lithium, le grand capital international avait choisi se faire porter ses efforts sur la docilité productiviste du gouvernement argentin ultraréactionnaire de Macri, docilité, confirmée par un article du 29 janvier 2019 « Carrera por el litio: Argentina apuesta a ser el segundo productor de litio en 2022. Así lo confirmó el subsecretario de Desarrollo Minero » [« « Course au lithium : l’Argentine parie sur le fait d’être le deuxième producteur de lithium d’ici 2022. Ceci a été confirmé par le sous-secrétaire au développement minier »], https://www.cronista.com/apertura-negocio/empresas/Carrera-por-el-oro-blanco-la-Argentina-podria-convertirse-en-el-segundo-productor-de-litio-en-2022-20190129-0007.html. Aujourd’hui l’impérialisme, malgré le coup d’état en Bolivie, hésite à octroyer à ce pays un leadership en matière de lithium, pétrole ou gaz, étant donné l’affaiblissement politique et économique que connaît le pays depuis le “golpe” et l’ouverture d’une période d’incertitude politique (les populations indigènes et les fractions les plus combatives du MAS n’ont peut-être pas dit leur dernier mot). D’où pour les grandes multinationales capitalistes l’idée de tabler sur une poursuite de la politique de Macri par le nouveau président Alberto Fernández et sa vice-présidente Cristina Fernández de Kirchner. Mais à nouveau, ce pari se heurte actuellement à cette nouvelle présidence ainsi qu’à la renaissance des forces de gauche en Argentine – péronistes en particulier– après leur victoire lors des élections du 27 octobre 2019.
  23. « Bolivia y consorcio de China acuerdan industrializar litio con inversión de 2.300 industrializar litio con inversión de 2.300 mln dlr »[« La Bolivie et un consortium chinois s’accordent pour industrialiser le lithium avec un investissement de 2.300 millions de dollars », https://ara.reuters.com/article/idARL1N20119I.
    Il s’agit de la signature le 6 février à La Paz d’un accord préliminaire entre la société d’État bolivienne YLB et le groupe chinois Xinjiang TBEA Group-Baocheng, spécialisées dans le domaine des nouvelles énergies et de l’exploration des salines, afin de former une société destinée à industrialiser les réserves de lithium et d’autres minéraux des salines de Coipasa et Pastos Grandes sur l’altiplano bolivien (hauts plateaux andins) dans les hauts plateaux boliviens. On estime qu’à partir de 2025, la Chine nécessitera 800 000 tonnes de lithium par an, en particulier pour son projet de développement de véhicules électriques (actuellement la production s’élève déjà à 30 millions de ce type de véhicules)
  24. « China invierte u$s 2300 millones en el litio de Bolivia. Las empresas chinas TBEAy Baocheng se asociarán con el grupo estatal YLB para producir baterías » [« La Chine investit 2300 millions de dollars US dans le lithium en Bolivie Les sociétés chinoises TBEA et Baocheng s’associent au groupe public YLB pour produire des batteries »]
    https://www.cronista.com/internacionales/China-invierte-us-2300-millones-en-el-litio-de-Bolivia-20190206-0053.html?utm_source=ecc_nota&utm_medium=cms&utm_campaign=refresh
Categories Bolivie / Bolivia

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